
L'élection européenne a au moins une qualité. C’est une élection nationale, à un seul tour, et l’on peut y faire accéder des listes relativement indépendantes des sphères d’influence habituelles, afférentes aux traditionnels partis politiques. Elle nous offre donc un tour d’horizon tout à fait représentatif – à l’instant « T » – du paysage politique français.
Et bien, quel choix nous est offert ?
Les extrêmes sont là, avec les mêmes idées qui datent maintenant de plus de cinquante ans. Elles seront toujours là cinquante ans plus tard sans doute, avec d’autres têtes mal moulées pleines des mêmes tas de concepts mal digérés. Cela m’amuse toujours de constater que les plus internationalistes sont aussi les plus fervents antimondialistes (ils vont dire alter- pour noyer le poisson) et eurosceptiques de la bande. Chez les rats musqués d’en face, au sein d’un parti en déliquescence (qui avait pourtant réussi – ce qui n’est pas un mince exploit – à unifier toutes les composantes de droite extrême, des royalistes jusqu’aux catholiques intégristes en passant par les antisémites et les néonazis), le chien n’a de cesse de se mordre la queue, on tente vainement de dorer sa bouillie philosophique d’un vernis de modernité. Las, la caravane passe.
Le Parti du chef de l’état, contre toute attente, ne semble pas s’en sortir si mal aux dires des sondages. Malgré tout ce qui objectivement démontre que son action politique nous mène lentement mais sûrement dans le mur. Lorsque Jacques Chirac a remis les clés de l’Elysée, j’étais persuadé que l’on ne verrait jamais pire. Vous le savez maintenant, j’avais tort, on a vu pire. Chirac n’avait aucune idée, Sarkozy en a trop. C’est un publicitaire que nous avons à la tête de l’état. Il manie les concepts et les idées, creuse une brèche ici, en exploite une autre là, créant une sorte de confusion brumeuse pour tous ceux qui envisageraient de dégager la cohérence supposée de son action politique. On le voit bien, il y a conflit entre l’Etat et les opinions de l’homme, les deux se combattent, s’affrontent, se contredisent, l’annonce impulsive d’un jour devient le lendemain une loi qui affirme le contraire de qui était dit et percute violemment d’autres lois qui semblaient emprunter des chemins contraires. C’est le désastre pur et simple. Pour conduire Sa liste, le chef a conçu une sorte de ticket gagnant, constitué d’un brontosaure et d’une moderne. Aussi différents que ces deux là tu meurs ! Mais on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, on se tient main dans la main devant l'objectif et la France vit sous la chape de plomb d’une tête de gondole qui utilise l’élection pour annoncer publiquement une disgrâce. C’est dire si l’on tient à l’Elysée l’idée européenne en haute estime. Va, ce sera l’occasion de raconter au petit enfant de France comment le président Sarkozy sauva l’Europe toute entière de l’érosion libérale !
En face le PS continue de ne servir à rien. De ne rien défendre. De ne rien incarner. C’est Harlem Désir qui a l’honneur des pancartes. Je le connais mal, Harlem Désir. Je ne l’ai jamais entendu défendre ne serait-ce que l’esquisse d’une idée. Je ne sais pas quelles sont ses convictions, je ne sais pas ce qu’il veut défendre, je sais de quel bois européiste il se chauffe. Il a au moins le mérite d’être là, se dit-on, au moins le mérite de faire semblant d’y croire. Mais moi, je n’y crois plus. Bientôt, le PS ressemblera au Parti des Verts, il s’habituera bientôt à remonter sans cesse son propre courant, à contrarier sans cesse son destin. Ce sera comme chez les verts, oui, à la différence sans doute que les verts croient encore en leurs principes et qu’au Parti Socialiste, on ne cesse de les renier autant que l’on se renie les uns les autres, on ne cesse de prendre son bâton de pèlerin pour aller camper le martyr, le Saint François d’Assise du pauvre. Pourquoi ? ça !, si l’on savait ? A cause des ambitions dévorantes de certains ? On sait ce qu’il advient lorsqu’aucun des postulants ne cède la place : tout le monde y perd.
Ah, il y a la troisième tête de l’hydre, François B. !Bayrou, le pamphlétaire ! On a les pamphlétaires que l’on peut ! Un livre, le revoilà parti en chasse. Ce mec aussi est d’une autre époque. Il me fait penser à un vieil instituteur de l’après guerre, infatué de lui au possible. Jusqu’où peut aller cette posture ? De lui non plus, je n’ai jamais entendu une idée. J’ai bien entendu des déclarations d’intentions, des positions de principe, de grandes valeurs moralistes. C’est beau, cette complaisance qu’il a envers lui-même, c’est même effarant. On n’a pas vu ça depuis Mitterrand sans doute. C’est peut-être ce qui lui offrira le destin qu’il poursuit inlassablement. On ne lui souhaite pas !
Il y a aussi les partis du néant : les verts, les communistes, nos chasseurs alliés à cette tête de nœud du Puy-du-Fou, la liste de Dupont-Aignan qui est une sorte de Bayrou du pauvre avec une élocution un peu agaçante, les écologistes indépendants (avec Francis Lalanne en tête de liste, on croit franchement rêver), les fachos indépendants menés par Carl Lang, déçu des désirs bruns d’avenir modernes susmentionnés, Lutte Ouvrière, Europe Démocratie Esperanto (là, nous sommes au bord des larmes), le Parti Breton, le Parti Fédéraliste. Et puis, le parti antisémite (rebaptisé anti-sioniste pour la forme) de Dieudonné Mbala Mbala.
J’en oublie peut-être, oui, mais c’est cela le paysage politique français. Point par point. Des fédéralistes, des régionalistes, des fachos de tous bords, des passéistes de toutes origines et des grands partis aux abonnés absents. C’est moi où tout cela manque d’aspirations ? C’est moi où l’on obtient là l’éclatante preuve que rien, rien ne peut aboutir de tout ce fatras informe ? Oui, quel choix s’offre à nous ? Comment en toute conscience croire un tant soit peu en ce vote ? Si vous n’avez plus le choix qu’entre les mous du genou et les durs du biceps qui n’ont d’autres rêves que de vous mettre en terre ? Vous pouvez continuer à choisir ? Pourquoi ? Parce qu’il le faut ? Est-ce là l’idée démocratique, l’obligation de les entendre tous, ceux qui n’ont rien à dire et ne prétendent même plus avoir un message à vous transmettre, comme ceux qui ont plus de vérités que de bon sens ?
Oui, c’est cela le paysage politique français. Pour la première fois de mon existence, il me semble aussi navrant qu'affligeant. Navrant dans son ensemble. A toucher un bulletin de vote, j’aurais presque peur de m’y salir les mains.
Et bien, quel choix nous est offert ?
Les extrêmes sont là, avec les mêmes idées qui datent maintenant de plus de cinquante ans. Elles seront toujours là cinquante ans plus tard sans doute, avec d’autres têtes mal moulées pleines des mêmes tas de concepts mal digérés. Cela m’amuse toujours de constater que les plus internationalistes sont aussi les plus fervents antimondialistes (ils vont dire alter- pour noyer le poisson) et eurosceptiques de la bande. Chez les rats musqués d’en face, au sein d’un parti en déliquescence (qui avait pourtant réussi – ce qui n’est pas un mince exploit – à unifier toutes les composantes de droite extrême, des royalistes jusqu’aux catholiques intégristes en passant par les antisémites et les néonazis), le chien n’a de cesse de se mordre la queue, on tente vainement de dorer sa bouillie philosophique d’un vernis de modernité. Las, la caravane passe.
Le Parti du chef de l’état, contre toute attente, ne semble pas s’en sortir si mal aux dires des sondages. Malgré tout ce qui objectivement démontre que son action politique nous mène lentement mais sûrement dans le mur. Lorsque Jacques Chirac a remis les clés de l’Elysée, j’étais persuadé que l’on ne verrait jamais pire. Vous le savez maintenant, j’avais tort, on a vu pire. Chirac n’avait aucune idée, Sarkozy en a trop. C’est un publicitaire que nous avons à la tête de l’état. Il manie les concepts et les idées, creuse une brèche ici, en exploite une autre là, créant une sorte de confusion brumeuse pour tous ceux qui envisageraient de dégager la cohérence supposée de son action politique. On le voit bien, il y a conflit entre l’Etat et les opinions de l’homme, les deux se combattent, s’affrontent, se contredisent, l’annonce impulsive d’un jour devient le lendemain une loi qui affirme le contraire de qui était dit et percute violemment d’autres lois qui semblaient emprunter des chemins contraires. C’est le désastre pur et simple. Pour conduire Sa liste, le chef a conçu une sorte de ticket gagnant, constitué d’un brontosaure et d’une moderne. Aussi différents que ces deux là tu meurs ! Mais on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, on se tient main dans la main devant l'objectif et la France vit sous la chape de plomb d’une tête de gondole qui utilise l’élection pour annoncer publiquement une disgrâce. C’est dire si l’on tient à l’Elysée l’idée européenne en haute estime. Va, ce sera l’occasion de raconter au petit enfant de France comment le président Sarkozy sauva l’Europe toute entière de l’érosion libérale !
En face le PS continue de ne servir à rien. De ne rien défendre. De ne rien incarner. C’est Harlem Désir qui a l’honneur des pancartes. Je le connais mal, Harlem Désir. Je ne l’ai jamais entendu défendre ne serait-ce que l’esquisse d’une idée. Je ne sais pas quelles sont ses convictions, je ne sais pas ce qu’il veut défendre, je sais de quel bois européiste il se chauffe. Il a au moins le mérite d’être là, se dit-on, au moins le mérite de faire semblant d’y croire. Mais moi, je n’y crois plus. Bientôt, le PS ressemblera au Parti des Verts, il s’habituera bientôt à remonter sans cesse son propre courant, à contrarier sans cesse son destin. Ce sera comme chez les verts, oui, à la différence sans doute que les verts croient encore en leurs principes et qu’au Parti Socialiste, on ne cesse de les renier autant que l’on se renie les uns les autres, on ne cesse de prendre son bâton de pèlerin pour aller camper le martyr, le Saint François d’Assise du pauvre. Pourquoi ? ça !, si l’on savait ? A cause des ambitions dévorantes de certains ? On sait ce qu’il advient lorsqu’aucun des postulants ne cède la place : tout le monde y perd.
Ah, il y a la troisième tête de l’hydre, François B. !Bayrou, le pamphlétaire ! On a les pamphlétaires que l’on peut ! Un livre, le revoilà parti en chasse. Ce mec aussi est d’une autre époque. Il me fait penser à un vieil instituteur de l’après guerre, infatué de lui au possible. Jusqu’où peut aller cette posture ? De lui non plus, je n’ai jamais entendu une idée. J’ai bien entendu des déclarations d’intentions, des positions de principe, de grandes valeurs moralistes. C’est beau, cette complaisance qu’il a envers lui-même, c’est même effarant. On n’a pas vu ça depuis Mitterrand sans doute. C’est peut-être ce qui lui offrira le destin qu’il poursuit inlassablement. On ne lui souhaite pas !
Il y a aussi les partis du néant : les verts, les communistes, nos chasseurs alliés à cette tête de nœud du Puy-du-Fou, la liste de Dupont-Aignan qui est une sorte de Bayrou du pauvre avec une élocution un peu agaçante, les écologistes indépendants (avec Francis Lalanne en tête de liste, on croit franchement rêver), les fachos indépendants menés par Carl Lang, déçu des désirs bruns d’avenir modernes susmentionnés, Lutte Ouvrière, Europe Démocratie Esperanto (là, nous sommes au bord des larmes), le Parti Breton, le Parti Fédéraliste. Et puis, le parti antisémite (rebaptisé anti-sioniste pour la forme) de Dieudonné Mbala Mbala.
J’en oublie peut-être, oui, mais c’est cela le paysage politique français. Point par point. Des fédéralistes, des régionalistes, des fachos de tous bords, des passéistes de toutes origines et des grands partis aux abonnés absents. C’est moi où tout cela manque d’aspirations ? C’est moi où l’on obtient là l’éclatante preuve que rien, rien ne peut aboutir de tout ce fatras informe ? Oui, quel choix s’offre à nous ? Comment en toute conscience croire un tant soit peu en ce vote ? Si vous n’avez plus le choix qu’entre les mous du genou et les durs du biceps qui n’ont d’autres rêves que de vous mettre en terre ? Vous pouvez continuer à choisir ? Pourquoi ? Parce qu’il le faut ? Est-ce là l’idée démocratique, l’obligation de les entendre tous, ceux qui n’ont rien à dire et ne prétendent même plus avoir un message à vous transmettre, comme ceux qui ont plus de vérités que de bon sens ?
Oui, c’est cela le paysage politique français. Pour la première fois de mon existence, il me semble aussi navrant qu'affligeant. Navrant dans son ensemble. A toucher un bulletin de vote, j’aurais presque peur de m’y salir les mains.


21 truc(s) extra en plus:
Tu entretiens une polémique anthropologique d'une main et de l'autre tu écris tes billets ? Je finis de lire tes commentaire et je reviens lire le billet...
Prem's, pas sûr...
Prem's ! Prem's ! Prem's !
La photo est à l'envers. Voilà ce qui arrive quand on fait plusieurs choses à la fois.
Prem's aussi.
Bon. Je n'ai lu que l'introduction (je vais lire la suite, bordel ! attends !). Y'a moitié une connerie.
"C’est une élection nationale, à un seul tour, et l’on peut y faire accéder des listes relativement indépendantes des sphères d’influence habituelles, afférentes aux traditionnels partis politiques"
Ce n'est pas vraiment national mais plus régional. Pour ce qui nous concerne, on s'en fout, mais ça empêche les petits partis d'avoir des élus.
"... l’annonce impulsive d’un jour devient le lendemain une loi qui affirme le contraire de qui était dit et percute violemment d’autres lois qui semblaient emprunter des chemins contraires."
Pas d'accord :
derrière un fouillis apparent,
un rideau de fumée permanent
et des idées (plus ou moins) apparemment incohérentes qui se percutent en tous sens,
il y a une politique "décomplexée", précise et qui se met en place pas à pas.
Le bonhomme n'est pas fou du tout!
Il sait parfaitement bien où il va,
où il mène la France,
pourquoi et comment.
Il a une idéologie parfaitement claire et assumée,
on la connait bien,
on sait d'où elle vient.
C'est exactement celle que promeut l'Europe,
et si on assiste à une privatisation de l'enseignement publique et du système de santé,
ce n'est pas du tout un hasard,
et cela correspond exactement aux "directives" européennes.
Pas d'accord sur le vide d'idée que tu indiques chez les verts.
On les aime ou pas, c'est entendu.
Mais ils ont eu raison avant tout le monde sur l'écologie,
et ils sont pillé strictement par tous les partis sur ce point.
Sauf qu'ils font une lecture bien plus gobale et "sociétale",
donc à mon avis plus complète,
de la crise écologique
- difficile à nier à présent -.
J'ajoute qu'ils se soucient du problème des sans papiers depuis bien avant les socialistes.
Au fond,
le problème de ces élections européennes,
c'est qu'il n'y a pas moyen de voter NON.
Deuxième commentaire (pour prouver que je lis les billets).
"Le Parti du chef de l’état, contre toute attente, ne semble pas s’en sortir si mal aux dires des sondages"
Arrêtons de dire ça... On leur prédit 28% ce qui fait exactement ce qu'a fait l'UMP + l'UDF en 2004 et à a peu près ce qu'ont fait ces deux partis plus le machin de Pasqua la fois d'avant.
La droite de gouvernement a un socle de 28% d'électeur. Paf. On pourrait dire la même chose du PS d'ailleurs (aux alentours de 25%). Ces deux partis font moins aux Européennes quand ils ont des "ennemis" à l'intérieur (Pasqua en 1999 pour le l'UMP et Tapis, je ne sais plus quand pour le PS).
Bon. Je suis à moitié hors sujet, je sais, mais il faut que je fasse plus de com que mtislav.
Putain, y'a doudou qui fait des longs coms alors que je n'ai pas fini la lecture du billet. Je vais être en retard au bistro.
"C’est Harlem Désir qui a l’honneur des pancartes. "
En Région Parisienne, seulement.
"Je ne l’ai jamais entendu défendre ne serait-ce que l’esquisse d’une idée."
C'est le cas pour tous les partis qui ont chacun 8 (de mémoire) chef de file à peu près tous inconnus.
"Il y a aussi les partis du néant : les verts, les communistes,"
Ce sont les partis du néant, certes, mais les verts, cette année, sont menés par Cohn Bendit et José Bové (deux pointures, donc) alors que les cocos sont alliés avec le Parti de Gauche (Mélenchon) qui pourrait donc attirer des déçus du PS qui fait des conneries.
Ce sont plus ces deux trucs qui pourraient faire vasciller le PS (comme Tapie en 1994, j'ai vérifié qui avait fait jeu égal avec Rocard). Peut-être plus que le Modem...
Bon. Tu as raison c'est navrant.
Hop.
Mtislav,
En fermant les yeux, mais oui t'es premz, oohhhh !
---
Nicolas,
pour l'élection nationale ou régionale, tu as raison bien entendu. Mais c'est un peu flou parce que in fine, on a une tête de gondole évidente et puis le tout venant.
Pour l'UMP, j'ai bien pris la peine de souligner qu'il ne s'en sortait pas si mal "aux dires des sondages". C'était en partie ironique. Ces majorités sont extrêmement relatives, on est d'accord : 28 % des votants, avec un taux d'abstention au sommet, ça fera pas lourd en fin de compte. Mais quand même, je me demande comment on peut voter "en nombre" pour ces gusses là.
Ce que je reproche aux verts...ben tiens, je le dis à Doudou, merci de tes précisions justes ! et de ton lien...
---
Roud,
ah, le plat de résistance, je savais que tu me dirais ça, on en a déjà parlé ensemble, tu sais que je pense que Sarko navigue à vue et je sais que tu penses qu'il a un plan hyper béton.
Le hic, je crois, c'est que si il a bien eu un plan, il a volé en éclats quelques semaines plus tard. Du coup, il essaie de le mener, tout en allant parfois dans le sens contraire. Et puis surtout, Sarko a des pulsions de folie qui le font se mettre à dos des individus prédisposés pour soutenir sa politique.
Tiens, les chercheurs, les universitaires. Tous ces gens là étaient pour la réforme, en les provoquant inutilement, il est allé à l'encontre de son succès (une réforme phare de son gouvernement), il a tout torpillé. Tu crois que c'est pensé ? Je ne le crois pas. Tout du moins, je crois que son impulsivité nuit au succès de son idéologie.
Pour les verts, je n'ai pas dit qu'ils n'avaient pas d'idées, j'ai même dit qu'à la différence du PS, ils ne renient rien de leurs principes. En effet, leur vision est plus sociétale, si je ne la partage pas entièrement, elle mérite le respect.
Ce que je voulais dire par "parti du néant", c'est qu'ils ont le chic pour torpiller leurs propres croiseurs ! Leurs débats de parti sont carrément dingues et aboutissent toujours d'une souris, le parti est complètement mis sous séquestre par des dizaines de courants (à gauche, très à gauche, moins à gauche, altermondialiste, écolo pur et dur) et tout ce beau monde détruit la machine.
C'est UBU roi tous les dimanches, pire encore qu'au PS (c'est peu dire). C'est pour cela que c'est un parti du néant, parce qu'en réalité, ce n'est pas un parti, il en ressort des idées, mais aucune cohérence et surtout aucune capacité d'alternative. Et là, on parle aussi d'élections, non ?
A un moment donné, le train est passé en gare, les verts auraient pu devenir incontournables, ils ont préféré aller dans le sens contraire du vent, ont raté la rame et sont restés sur le quai. D'une certaine manière, je leur en veux, comme j'en veux au PS aujourd'hui de s'autodétruire.
C'est triste !
Pour la fin de ton commentaire : ah ça oui, enfin non, enfin, je sais plus...
"Le hic, je crois, c'est que si il a bien eu un plan, il a volé en éclats quelques semaines plus tard."
Ben, quand?
"Du coup, il essaie de le mener, tout en allant parfois dans le sens contraire."
Dans les sens contraire?
Tu aurais un exemple?
"Tiens, les chercheurs, les universitaires. Tous ces gens là étaient pour la réforme, en les provoquant inutilement,"
Oui, ils étaient partisants de réformes.
PAs forcément comme ça,
pas forcément celle là.
Et Sarko ne les a pas provoqués.
Il a dit tout haut ce qu'il pensait tout bas.
"... il est allé à l'encontre de son succès (une réforme phare de son gouvernement), il a tout torpillé."
Ah bon?
La réforme n'est pas passée?
Elle a été retirée?
Ben non,
cette réforme passe,
comme toutes les autres.
"Tu crois que c'est pensé ? Je ne le crois pas. Tout du moins, je crois que son impulsivité nuit au succès de son idéologie."
Il est impulsif, d'accord.
Mais je ne vois pas en quoi cela nuit au "succès de son idéologie"...
Le plan a volé en éclats quand lui et ses conseillers se sont rendus compte que les caisses étaient vides, la cadeau fiscal a d'autant réduit sa marge de manoeuvre et la crise a fini de l'achever.
Sarkozy aimerait avoir une emprise bien plus grande que ça. Où est sa fumeuse "politique de civilisation" ? Sa "laïcité positive" ? C'est ça le plan ! Où est-il ? Quand a-t-il commencé ? Il s'est fait élire sur la base du retour de l'action politique. Or, son pouvoir, dans le libéralisme ambiant est ultra-réduit. Il ne lui reste plus qu'à saupoudrer ses amis de petits cadeaux foireux. et à démanteler le service public. C'est pensé ?, je ne crois pas. C'est l'illusion d'une idéologie, l'illusion d'une action.
Attention, je ne veux pas dire par là que les effets ne seront désastreux pour nous, pour toi comme pour moi, pour, en général, tous les gens qui trouvent absolument impératif de sauvegarder le service public. Ce que je veux dire, c'est que c'est du pis aller. Et je crois qu'il est d'autant plus agressif sur cette question que c'est la seule chose qui lui reste (ou presque).
Un exemple de contradiction évidente ?
Ses positions sur l'Europe, difficile de ne pas voir que ce gars s'est inventé un destin européen dans l'improvisation. Il n'y a pas un an, il n'en avait rien à battre de l'Europe. Ce qui l'intéresse c'est moins le résultat que la posture. Et c'est pire que s'il avait un plan, ou qu'il avait tout pensé. Ou encore cette fameuse loi Hadopi qui n'est qu'un jouet de communication, totalement ahurissant, qui va coûter un max de tunes alors qu'elle est pourtant dépassé par la technologie. Enfin, comment ne peut-il pas savoir cela ? Où est le plan là-dedans ?
"Tiens, les chercheurs, les universitaires. Tous ces gens là étaient pour la réforme, en les provoquant inutilement,"
Oui, ils étaient partisants de réformes.
PAs forcément comme ça,
pas forcément celle là.""
Roud, non, s'il y avait division sur ce sujet (je ne le nie pas), un grand nombre d'universitaires de droite étaient tout à fait pour cette loi. Oui, celle-là. Précisément. Dans un premier temps, au début du mandat, Pécresse a même bien mené sa barque. C'est en multipliant les dérapages verbaux, d'un mépris atterrants qu'il se les est mis à dos. Même dans les facs de droite (même à Assas !!!) désormais on est farouchement contre.
""... il est allé à l'encontre de son succès (une réforme phare de son gouvernement), il a tout torpillé."
Ah bon?
La réforme n'est pas passée?
Elle a été retirée?""
Non, mais une réforme comme celle-là nécessite l'agrément, sans quoi, elle devient inapplicable. Et tu verras qu'elle le sera !
"Tu crois que c'est pensé ? Je ne le crois pas. Tout du moins, je crois que son impulsivité nuit au succès de son idéologie."
Il est impulsif, d'accord.
Mais je ne vois pas en quoi cela nuit au "succès de son idéologie"...
Parce que le succès ultime pour Sarkozy, c'est d'agir pour produire, or, son action se délite, rien ne se produit tout échoue. Et je crois fermement à l'idée évoquée ci-dessus : s'il est aussi agressif sur les terrains de la délinquance, de l'immigration, du service public, c'est parce que tout le reste est pour lui hors de portée. C'est ce qui le rend si désastreux.
De toute façon, Doud, nos deux positions se rejoignent sur un point, le résultat est le même : le lien social est inexistant, la France se replie lentement sur elle-même, le système est cassé (toi tu penses que c'est méticuleux, moi, je pense que c'est par incompétence et par illusion de pouvoir tout faire seul).
Je crois même que ma vision des choses est plus pessimiste en fait car on peut défaire ce qui est fait avec logique. Un noeud simple, il y a une méthode pour le défaire, une grosse pelote emmêlée, c'est plus complexe.
Dorham, il faut arrêter maintenant de faire de bons billets politiques ET des commentaires intéressants, je ne sais plus où donner de la tête.
Je suis d'accord avec toi sur l'essentiel de l'article. Je crois que Mélenchon pourrait, à mes yeux, relever un peu le niveau de gauche de tout ça mais bon…
Pour Sarkozy, il a un objectif qui est de libéraliser le pays à outrance mais pour le réaliser, il navigue à vue et en fonction du vent.
:-))
Oui, voilà, d'accord avec M. Poireau,
il doit "tirer des bords",
ne serait-ce que pour faire diversion,
mais il garde le cap,
et en deux ans il a déjà pas mal avancé.
La "politique de civilisation",
c'est une connerie, bien sûr,
un os à ronger.
Mais la "laïcité positive",
c'est par exemple la reconnaissance des les diplômes de l'enseignement supérieur catholique à égalité avec les diplômes publics (lire ici par exemple...).
C'est pas rien.
Sinon, je ne vais pas discuter point par point,
je ne vais pas monopoliser les coms.
Notre pessimisme, lui, est bien partagé...
Mr Poireau,
c'est ça, il y a de l'improvisation, une confusion des moyens, il y a bien une fin et de toute façon, même si c'est bordélique, le résultat n'en est pas moins flippant.
Mélenchon ? Je ne sais pas ! On peut pas tout faire tout seul et je le trouve également un peu "impulsif".
---
Roud,
Tu as le droit de monopoliser.
Très intéressant ton lien, on en découvre tous les jours. (soupir)
Oui, in fine, nos divergences de point de vue hélas aboutissent au même résultat. Comme dirait ma Mémé : ça craint du boudin...
moi ma tête de liste c'est Peillon et il a raconté partout qu'il avait pas envie de venir.du coup je me tate à voter peut etre vert, pour la première fois.
J'ai lu ce très bon billet avec toute l'attention nécessaire. Merci Dorham de m'avoir aidé à effectuer un choix.
Ce sera un plat du jour.
Ce n'est pas sans émotion que je reviens ici et appose ce commentaire après celui de Roudodoudourou...
Merci Dorham ne serait-ce que pour cette pensée que nous pouvons ainsi lui adresser par ton entremise.
Mtislav, c'est exactement la raison pour laquelle j'entrouvre à nouveau.
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