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Et bien voilà. Voilà où nous en sommes.
J’ouvre à nouveau les portes de ce machin-truc-chose. Enfin, je les ouvre, c’est un bien grand mot, disons simplement que je ne les ferme plus à clé. Qui veut entrer s’en donne la peine. Il est néanmoins peu probable que l’espace vive tel qu’il a vécu autrefois. Peu probable que je le garnisse de nouveaux meubles. Publier, ne pas publier, c’est une question dont je me contrefous royalement. Mais ce point de détail - en étant un, précisément - n’a aucune espèce d’importance. Passons donc.
Ce machin-bidule, je l’ouvre à nouveau pour une seule et même raison, et pour aucune autre. Je l’ouvre parce que l’on y retrouve un peu partout des interventions (brèves, bavardes, fulgurantes, distendues, rêveuses, incertaines) de François et qu’il m’est désormais impossible de les laisser s’effacer. Je les veux là, prêtes à être lues, persistantes.
François, vous le connaissiez sans doute sous son pseudonyme, Doudourou en version courte, ou Roudourodou etc. en version longue à bégayer. Incompressible. Pour moi, il était néanmoins devenu François. Simplement François.
François est mort, cet été. Je l’ai perdu comme tant d’autres. J’ai pu lire ici et là de très beaux témoignages d’amitié des uns et des autres. Tous sincères et vibrants. Tous concordent. C’est dire si François n’était pas tricheur, dissimulé. Ces petits défauts et ses grandes qualités vous giclaient à la face. Moi, quant à moi, je ne parviens pas à me désengluer de ma tristesse et de ce sentiment de vide qui persiste et s’incruste.
François n’a jamais été complaisant, ici ou ailleurs. Et je ne pense pas qu’il le fut jamais avec quiconque. Il a, à mon sens, toujours été doué de liberté et il a toujours su exprimer sa pensée, indépendamment de toute amitié, exprimer sans aucune retenue (si ce n’est de politesse ou de bienveillance) ses désaccords comme ses emportements. C’est aussi ce qui le rendait cher à mes yeux. Entre autres choses. Les rapports humains étaient pour lui suffisamment importants pour qu’ils ne fussent pas tronqués, grignotés par l’appétit vorace des non-dits.
Oui. Je l’aimais pour cela et pour quantité d’autres choses.
Il ne sera plus là pour partager sa musique, pour que je partage la mienne avec lui. Je suis orphelin de cela. Orphelin d’éclats de rire également (certains messages de ceux qui l’ont bien connu évoquent à raison ce rire si particulier qui était le sien). Orphelin de réflexions abouties, aventureuses, emberlificotées, tarabiscotées, incertaines, foireuses ou joyeuses. Il évoquait bien souvent la puissance de la joie, cette joie démente qui même dans les œuvres les plus noires relie toutes les formes d’art. Cette idée me plaisait tant que j’ai fini par l’adopter. C’est un des nombreux dons qu’il m’a faits.
Voilà, en peu de mots, pourquoi je fais ce tour de clé en sens inverse. Egoïstement, pour récupérer quelques morceaux de lui.
J’ouvre à nouveau les portes de ce machin-truc-chose. Enfin, je les ouvre, c’est un bien grand mot, disons simplement que je ne les ferme plus à clé. Qui veut entrer s’en donne la peine. Il est néanmoins peu probable que l’espace vive tel qu’il a vécu autrefois. Peu probable que je le garnisse de nouveaux meubles. Publier, ne pas publier, c’est une question dont je me contrefous royalement. Mais ce point de détail - en étant un, précisément - n’a aucune espèce d’importance. Passons donc.
Ce machin-bidule, je l’ouvre à nouveau pour une seule et même raison, et pour aucune autre. Je l’ouvre parce que l’on y retrouve un peu partout des interventions (brèves, bavardes, fulgurantes, distendues, rêveuses, incertaines) de François et qu’il m’est désormais impossible de les laisser s’effacer. Je les veux là, prêtes à être lues, persistantes.
François, vous le connaissiez sans doute sous son pseudonyme, Doudourou en version courte, ou Roudourodou etc. en version longue à bégayer. Incompressible. Pour moi, il était néanmoins devenu François. Simplement François.
François est mort, cet été. Je l’ai perdu comme tant d’autres. J’ai pu lire ici et là de très beaux témoignages d’amitié des uns et des autres. Tous sincères et vibrants. Tous concordent. C’est dire si François n’était pas tricheur, dissimulé. Ces petits défauts et ses grandes qualités vous giclaient à la face. Moi, quant à moi, je ne parviens pas à me désengluer de ma tristesse et de ce sentiment de vide qui persiste et s’incruste.
François n’a jamais été complaisant, ici ou ailleurs. Et je ne pense pas qu’il le fut jamais avec quiconque. Il a, à mon sens, toujours été doué de liberté et il a toujours su exprimer sa pensée, indépendamment de toute amitié, exprimer sans aucune retenue (si ce n’est de politesse ou de bienveillance) ses désaccords comme ses emportements. C’est aussi ce qui le rendait cher à mes yeux. Entre autres choses. Les rapports humains étaient pour lui suffisamment importants pour qu’ils ne fussent pas tronqués, grignotés par l’appétit vorace des non-dits.
Oui. Je l’aimais pour cela et pour quantité d’autres choses.
Il ne sera plus là pour partager sa musique, pour que je partage la mienne avec lui. Je suis orphelin de cela. Orphelin d’éclats de rire également (certains messages de ceux qui l’ont bien connu évoquent à raison ce rire si particulier qui était le sien). Orphelin de réflexions abouties, aventureuses, emberlificotées, tarabiscotées, incertaines, foireuses ou joyeuses. Il évoquait bien souvent la puissance de la joie, cette joie démente qui même dans les œuvres les plus noires relie toutes les formes d’art. Cette idée me plaisait tant que j’ai fini par l’adopter. C’est un des nombreux dons qu’il m’a faits.
Voilà, en peu de mots, pourquoi je fais ce tour de clé en sens inverse. Egoïstement, pour récupérer quelques morceaux de lui.
Putain ! C'était lui !
RépondreSupprimerJe le connaissais donc. J'aurais préféré voir ce blog rouvrir dans d'autres circonstances.
Amitiés et tout ça.
C'est une bonne idée de laisser ouvert pour cette raison. Beaux échanges laissés ici, depuis le début de ce blog... pensées quotidiennes pour François, et ses proches...
RépondreSupprimerChaque fois que je repense à la mort de François, à son absence, chaque fois j'en ai les larmes aux yeux, la gorge qui se noue, le cri qui monte du ventre, et chaque fois c'est tous les jours, depuis, plusieurs fois par jour, même.
RépondreSupprimerComment une telle lumière peut elle s'éteindre si injustement, ça reste un grand mystère, un haut le cœur, une colère.
Pour moi, François était Doudou parce que ça lui allait comme un gant.
Allez savoir.
J'aimais sa perception du monde, son ouverture, son exigence envers ce monde.
Il y a une porte qui s'est refermée, quelque part, sur la toile et sur Paris, et sur Marseille, une absence, un grand manque qui coupe l'élan.
Je sais comment tu te sens.
Et ça m'en rend encore plus triste.
j'avais lu un billet posté par Audine, je ne savais pas qu'il s'agissait de lui, que je ne connaissais pas très bien à vrai dire... Je sais dans ma chair et à chaque jour la douleur de la perte, la difficulté du deuil. Je comprends ta peine. Mais, quel bonheur !!! de te retrouver. Oui, nous perdons ceux que nous aimons, oui, la douleur est désormais notre compagne, mais, la vie ne nous a pas quittés, et pour cette vie je suis heureuse de t'avoir de nouveau à nos côtés :-))))
RépondreSupprimerAu hasard d'une porte ouverte, j'entre et je lit les mots de la douleur qui hante...
RépondreSupprimerCe manque que tout évoque, un rire, un accent, une image, une pensée, le quotidien d'hier qui se heurte jour aprés jour à l'absence de celui qui ensoleillait la vie...
Qui incarnait l'élan, la joie, la légèreté du vivant revenu de bien des orages...
On dit que le temps...
Je ne sais pas dire, dans mon coeur, dans mon corps, c'est une maladie, parfois sourde, parfois cuisante...
Ré-ouvrir cet espace et partager le besoin de faire vivre encore un peu, à travers les images, les mots, les émotions,celui qui était si présent,
C'est encore de l'amour partagé, dans le sillage du partir...
Très curieusement, j'ai eu un peu une réaction similaire à la tienne. J'ai rouvert ce matin alors que ça n'était pas du tout prévu. Et je suis sûr que la disparition de François a déclenché ma décision.
RépondreSupprimerEt je trouve que c'est une excellente idée d'avoir réouvert les tiroirs d'extra-ball pour nous permettre de les (re)découvrir en sa compagnie ...
Bonjour,
RépondreSupprimerJe ne connaissais pas François mais ce billet est très touchant. Toutes mes condoléances à ceux qui le connaissaient.
Et, même si c'est dans de tragiques circonstances, très heureux de voir ce blog indispensable réouvert.
Mes très sincères condoléances à vous. Étrangement cette mort me touche personnellement. Sans doute parce que Roudoudou (je l'avais rebaptisé ainsi) et moi nous sommes frités deux ou trois fois : ça doit créer des liens, il faut croire.
RépondreSupprimerJe ne connaissais que Roudodoudourou moi, ses couleurs vives et ses mots toujours justes et sensibles. Ses dessins pour les enfants me touchent et ses croquis encore davantage.
RépondreSupprimerTu parles très bien de l'absence, trop bien...malheureusement...
C'est un bel hommage à cet homme disparu d'avoir rouvert ton blog Dorham. Merci...
RépondreSupprimerJe partage aussi ta peine parce que, dans ces moments-là le partage est important...
J'ai aussi une pensée pour sa famille et ses proches
«Il évoquait bien souvent la puissance de la joie, cette joie démente qui même dans les œuvres les plus noires relie toutes les formes d’art. Cette idée me plaisait tant que j’ai fini par l’adopter.»
RépondreSupprimerEt juste après, le titre de l'article suivant :
On ne rigole plus
Bin ouai…
Mais la joie, quand même… !
:-))
c'est un trés bel hommage, merci de laisser à notre disposition ces paroles, les seules en fait par lesquelles je le connaisse
RépondreSupprimercourage (comme à tous ces proches)
Je ne connaissais pas François, mais bel hommage que de rouvrir ce blog. Il faut savoir faire vivre les morts.
RépondreSupprimerJ'avais laissé ton blog éteint dans ma liste. Heureuse surprise de le voir s'animer.
RépondreSupprimerJe reste pourtant sans voix à la lecture de ton billet.. Je ne m'attendais pas...
Bien, à toi..
Douces pensées qui accompagnent cet ami perdu.
A tous,
RépondreSupprimerMerci pour vos mots.
Et merci à Audine...d'être Audine :)
Je suis un peu en retard mais je voulais laisser réagir ceux qui le connaissaient beaucoup mieux que moi. Le souvenir qu'il me reste après que nous nous soyons croisés sur la toile est très présent, quelqu'un qui te donne envie de continuer, qui t'offre quelque chose discrètement, un peu de confiance, d'attention. Quelqu'un qui donne envie d'écrire.
RépondreSupprimerMerci Dorham.
RépondreSupprimerMerci. On peut se relire du Roudot comme ça, pour le plaisir même si c'est un plaisir teinté d'amertume.
RépondreSupprimerÉtrange et questionnant cependant cette boulimie de blogueur qui faisait que c'était devenu plus facile de croiser François sur la toile que devant une pression bien fraiche. Et pourtant, Dieu sait si il aimait ça, boire un verre ! C'est même vertigineux quand on voit la masse de ses contributions, presque irréel. Il faudrait en faire un livre. François était tellement réel, son corps physique tellement incontournable, dans les fêtes, on l'appelait "le shaker".
Mais il y venait de moins en moins, aux fêtes... et il n'y viendra plus.
Merci encore de faire partager ses textes.
Stephan,
RépondreSupprimerBen, je ne sais pas. Je crois que les responsabilités vous monopolisent, non pas parce qu'elles ont pour but de vous monopoliser mais parce que vous ressentez un devoir de présence. Que vous ne devez qu'à vous-même...
Quand je voyais François, c'était une logistique de son coté et du mien (vu qu'on avait tous les deux des gosses en bas âge). Il arrivait qu'on se loupe parfois bêtement. Du coup, je me sens presque privilégié de l'avoir vu juste avant son départ...devant une mousse.
C'est drôle ce que tu dis, je me souviens d'une soirée organisée chez lui. On avait beaucoup bu et beaucoup dansé. Et cela m'avait frappé à l'époque ; ça ne dépareillait pas avec sa manière très sérieuse d'aborder certains sujets. Il était plein de choses, François, beaucoup sont si peu...
Se sentir privilégié d'avoir rencontré François ? Pour sûr ! ça fait 20 ans de privilège dans mon cas... Et j'aurais préféré doubler la mise au moins, voire tripler !
RépondreSupprimerPourtant, ces dernières années n'étaient pas aussi "free style" que par le passé et son activisme internet m'était assez étranger, je dois même avouer que j'en étais un peu jaloux. "Doudou" par exemple, pour moi, ce n'était pas du tout lui, vu sa façon de vous faire valdinguer dans les décors, au propre comme au figuré et son côté rock'n roll. Cette autre vie virtuelle existe bel et bien, la preuve et nous sommes tous plongés dans de la vraie tristesse, pure et dure, et le manque est bien réel, lui.
Si tu veux, je serais heureux un jour de boire une mousse à sa mémoire si les responsabilités te laisse un petit répit.
Bonne soirée à toi
Stephan,
RépondreSupprimerj'en serais vraiment enchanté.
Mon adresse mail est en haut de la page du blog.
Anytime !
Bizarre, je ne considérais pas du tout François plongé dans une "vie virtuelle trépidante", mais je me trompe peut-être... l'ayant rencontré une seule fois, je l'ai trouvé égal à ce qu'il reflétait par le net : doux, drôle, cultivé, posé, lunaire-pied-sur-terre.
RépondreSupprimerBal,
RépondreSupprimerJe ne sais pas. Il y avait une retenue chez François, c'est un fait, une bride, qui lachait parfois de manière spectaculaire et qui laissait deviner que...
Mais, ça faisait partie de sa personnalité finalement.
Pour la "vie virtuelle", je ne crois pas vraiment non plus. Lui comme moi avons très vite souhaité faire basculer le virtuel dans le réel. Préférer parler en live de musique, aller voir des concerts ensemble plutôt que de s'en parler...etc...
Bien sûr, la vie, les gosses, parfois, ça vous retient et c'est normal. Compréhensible.
Tiens, toi et moi, on arrive même pas à se décider sur une date de sortie entre poilus...ce n'est pas que la vie virtuelle est plus forte...c'est qu'on est pris dans plein de choses. C'est aussi valable avec mes potes "non virtuels" et je ne crois pas qu'internet y soit pour quelque chose...
C'est ce qui rendait le bonhomme si attachant, son cœur et ses coups de colère. Pour internet, il y passait beaucoup de temps, une partie de ses nuits même... il était très investi comme dans tout ce qu'il faisait d'ailleurs. Un tour de ses posts dans blogs et forums depuis 3, 4 ans donne quand même le tournis, en tous cas pour un internaute modéré comme moi, et j'ai déjà l'impression d'y passer trop de temps. La puissance d'attraction de cet outil est quand-même bien réelle.
RépondreSupprimerSinon, bien sûr, prendre ou ne pas prendre le temps de voir ses vieux potos quand la vie va son train d'enfer, c'est encore une autre histoire.
Bon week-end !
à bientôt.
C'est juste pour dire que je fais un petit blog où je parlerai de François (entres autres) de temps en temps. J'ai tellement d'histoires qui me reviennent...
RépondreSupprimerSi vous voulez y passer : http://sacccages.blogspot.com/
à bientôt
Stephan