vendredi 5 avril 2013

What did you expect ?


 
Je dois bien avouer que je me fous du sort de Monsieur Cahuzac. L'homme a fauté, le ministre est tombé. La vie ne s'arrête pas, n'est-ce pas ? Voilà presque un an que François Hollande a été élu Président de la République. J'espérais modérément en lui. Je n'espère absolument plus rien de la triste bande qui constitue son gouvernement ; je le dis sans émotion particulière. Qu'il soit compétent - ce dont on peut raisonnablement douter - ou non me semble du reste une question secondaire. Le pouvoir est ailleurs. Et je crois bien que cela m'est plus ou moins égal. Tout comme me le sont les jérémiades des uns et des autres, des nostalgiques du sarkozysme comme des futurs fidèles de la dernière heure.
 
Ces dernières semaines, j'ai bien ri en suivant les aventures des anti-mariage pour tous et de leurs opposants - bien qu'étant opposé à cette Loi, je le rappelle pour ceux qui n'auraient pas suivi. Tous ensemble, ils ont réussi à concevoir un jeu dans lequel on fait semblant de donner une importance à ce qui n'en n'a pas vraiment. Les uns font semblant de croire que la société française va s'écrouler sous prétexte qu'un maire aux cheveux gras - pourquoi gras, je ne sais pas... - mariera deux homosexuels. Les autres font semblant de croire que nous tenons en l'espèce une avancée humaine considérable ; au moins aussi grande que la découverte du feu ou que l'abolition de la peine de mort. Et ils font par la même semblant de se détester, de se balancer des beignes et de lutter pour leur minuscule petite cause. Pendant ce temps, des ukrainiennes se dépoilent en poussant des cris et en faisant des feux, des moustachus se réclament sans plaisanter d'Albert Londres et de Pulitzer. Ce qu'on s'amuse tout de même.
 
L'avenir, de toute façon, c'est forcément la jeunesse. Mes gosses et ceux des autres. C'est en eux que je place la majorité de mes espoirs. Comme tout père qui se respecte, j'espère qu'ils me dépasseront, que leurs ambitions me dévoreront et qu'ils enterreront ce vieux monde qui est le mien. Pour en refonder un autre. Sans jeunesse, il n'y a plus rien. Sans jeunesse, il n'y aura rien. C'est peut-être un espoir vain mais c'est en tout cas un espoir qui pourrait ne pas l'être, au contraire de celui qui consiste à glorifier la si grande expérience de nos sages vieillards ; cette lanterne qui éclaire notre dos, comme le disait Confucius (on a les références qu'on mérite...). Les jeunes ne respectent rien et ils ont raison.