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En Islande, c’est la merde. Entre deux geysers, le pays est en faillite, les saunas n’ont plus de vapeur, les chanteuses du cru poussent des gueulantes mitées par l’angoisse, les blonds deviennent bruns et les peaux sont tannées comme le cul d’un morse paumé en pleine forêt tropicale. Heureusement que le FMI est là pour aider tout ce beau monde, mettre des glaçons dans le frigidaire, ce genre de choses. Vous savez ce que ça veut dire quand le FMI s’en mêle ? Sur son beau rapport islandais, en lettres grasses, le titre est racoleur : Plan de Relance ! Vous savez ce que ça veut dire, Plan de Relance ? Vous pensez que le FMI est un mécène dispendieux (ce que Pinaut peut être pour l’art contemporain ? (sic)) ? Plan de Relance, ça veut dire : rigueur, austérité, coupage des vannes et serrage des ceintures ! Vous l’imaginez le gros islandais ?, Tord, ou Sven, ou Bjürn le quadragénaire ?, ligoté comme un gras gigot dans son futal en toile de jute ?, pour entrer dedans, le voilà forcé de se oindre le corps de beurre de yak… Alors, le peuple islandais, uniformément coiffé de bonnets péruviens, grelots et tout le pompon, descend dans la rue pour déverser sa colère solide et glacée. Statufie le pays. C’est une prise d’otages, ce n’est pas seulement le jeudi qu’est noir, mais alors, toute cette fichue année, et toutes celles qui viendront se la ramener sur une décade. Point final. Le gouvernement démissionne, met la clé sous la porte, les Sugarcubes contrits se reforment dans l’urgence et chante la crise aussi mal qu’avant… Si un tel truc nous arrive, pouvons-nous craindre l’irruption sur nos antennes des revenus de la période « Frère Jacques ». C’est triste. C’est la crise, à tous les étages ! Qu’on nous vienne en aide.
(Je peux vous faire la même, version lettone, si vous voulez, mais je connais beaucoup moins les musiciens locaux !)
Dans certains pays en crise, ils ont au moins la chance de disposer d’un bouffon pour distraire le bon peuple. En Italie par exemple. Berlusconi décline des conneries aussi grosses et rondes que son vieux crâne déplumée. Et de sourire extra-large, et de fréquenter de sombres petites frappes, oublieuses des vérités historiques, fondus de ce pansu merdeux que fut Mussolini (autre pitre affligeant d’un pays qui semble s’en être fait spécialité).
Et après, on s’étonne que l’euroscepticisme fasse florès, que l’euro-septicémie emporte nos beaux rêves d’autrefois. Les irlandais ont dit non, les français aussi. Comprenne qui pourra, à l’instar de cet autre grand comique qu’est Melenchon, ils approuvèrent Maastricht (traité deux fois plus libéral que celui avec qui l’Histoire n’aura jamais rencard). Mais le fait est là, brut, violent : il n’y a plus d’hommes politiques pour porter l’idée. Tous ceux-là ont déserté, le braquemard entre les cuisses. Le dernier à avoir tenté de soutenir le projet n’avait pas la carrure, c’était Jacques Chirac. Comme ces vaches qu’il aime tant, nous le contemplâmes regarder le train passer. Et il passa. Mais je ne lui en veux presque plus à Chirac. Maintenant que nous avons Sarkozy, on souhaiterait presque profiter à nouveau du spectacle de sa douce torpeur, du chant de ses phrases lapidaires, toutefois prononcés d’un langoureux et paresseux débit.
Or donc, il ne sert à rien de psalmodier en direction de la capitale de la frite. Ils sont tous sourds et morts. Et l’Europe est sourde et morte aussi. Morte, avec une monnaie en guise de couronne. Et nous dansons chaque jour autour de ce cadavre en l’accusant de tous les maux. Ne croyez plus ceux qui vous disent que tout se décide là-bas, au milieu d’un décadent cénacle de bourgeois technocrates. Ceux-là débattent pour tenter de découvrir l’identité de l’usurpateur pilote qui leur a gaulé le manche. Le FMI, lui, conçoit des plans de relance.
Aussi, mes espoirs pour l’Europe sont relativement simples et naïfs. Un (1) : souhaitons lui une authentique résurrection. Je dis bien résurrection. Rien à voir avec un ravalement de façade : dans le genre, lifting facial et trois milliards d’injections de botox aux commissures de chaque lèvre. Deux (2) : rêvons ensemble de ce jour où l’Europe sera assez forte pour demander au FMI d’aller voir ailleurs s’il y est, de ce jour où l’Islande ne sera pas obligée de remettre son destin réfrigéré entre les mains d’un groupuscule lénifiant qui utilise de jolis mots pour éviter d’avoir à dire ceux qui fâchent. Trois (3) : pour être complet, je joins à mes 2 vœux ceux de Mtislav, qui furent en d’autres temps merveilleux de bon sens. Ce n’est pas trop demandé, à mon avis. C’est en quelque sorte ma conception à moi du service minimum.
[Ce billet répond à un autre tag de Nicolas ; je crois avoir épongé mes dettes auprès de lui. A lui de me signaler si tel n’était pas le cas]
(Je peux vous faire la même, version lettone, si vous voulez, mais je connais beaucoup moins les musiciens locaux !)
Dans certains pays en crise, ils ont au moins la chance de disposer d’un bouffon pour distraire le bon peuple. En Italie par exemple. Berlusconi décline des conneries aussi grosses et rondes que son vieux crâne déplumée. Et de sourire extra-large, et de fréquenter de sombres petites frappes, oublieuses des vérités historiques, fondus de ce pansu merdeux que fut Mussolini (autre pitre affligeant d’un pays qui semble s’en être fait spécialité).
Et après, on s’étonne que l’euroscepticisme fasse florès, que l’euro-septicémie emporte nos beaux rêves d’autrefois. Les irlandais ont dit non, les français aussi. Comprenne qui pourra, à l’instar de cet autre grand comique qu’est Melenchon, ils approuvèrent Maastricht (traité deux fois plus libéral que celui avec qui l’Histoire n’aura jamais rencard). Mais le fait est là, brut, violent : il n’y a plus d’hommes politiques pour porter l’idée. Tous ceux-là ont déserté, le braquemard entre les cuisses. Le dernier à avoir tenté de soutenir le projet n’avait pas la carrure, c’était Jacques Chirac. Comme ces vaches qu’il aime tant, nous le contemplâmes regarder le train passer. Et il passa. Mais je ne lui en veux presque plus à Chirac. Maintenant que nous avons Sarkozy, on souhaiterait presque profiter à nouveau du spectacle de sa douce torpeur, du chant de ses phrases lapidaires, toutefois prononcés d’un langoureux et paresseux débit.
Or donc, il ne sert à rien de psalmodier en direction de la capitale de la frite. Ils sont tous sourds et morts. Et l’Europe est sourde et morte aussi. Morte, avec une monnaie en guise de couronne. Et nous dansons chaque jour autour de ce cadavre en l’accusant de tous les maux. Ne croyez plus ceux qui vous disent que tout se décide là-bas, au milieu d’un décadent cénacle de bourgeois technocrates. Ceux-là débattent pour tenter de découvrir l’identité de l’usurpateur pilote qui leur a gaulé le manche. Le FMI, lui, conçoit des plans de relance.
Aussi, mes espoirs pour l’Europe sont relativement simples et naïfs. Un (1) : souhaitons lui une authentique résurrection. Je dis bien résurrection. Rien à voir avec un ravalement de façade : dans le genre, lifting facial et trois milliards d’injections de botox aux commissures de chaque lèvre. Deux (2) : rêvons ensemble de ce jour où l’Europe sera assez forte pour demander au FMI d’aller voir ailleurs s’il y est, de ce jour où l’Islande ne sera pas obligée de remettre son destin réfrigéré entre les mains d’un groupuscule lénifiant qui utilise de jolis mots pour éviter d’avoir à dire ceux qui fâchent. Trois (3) : pour être complet, je joins à mes 2 vœux ceux de Mtislav, qui furent en d’autres temps merveilleux de bon sens. Ce n’est pas trop demandé, à mon avis. C’est en quelque sorte ma conception à moi du service minimum.
[Ce billet répond à un autre tag de Nicolas ; je crois avoir épongé mes dettes auprès de lui. A lui de me signaler si tel n’était pas le cas]










