jeudi 6 novembre 2008

Une araignée au plafond


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Le tout nouveau blog de Zoridae, sobrement nommé Le Plafond, est tout à fait symptomatique des comportements qui sévissent dans le monde des blogs. Il éclaire de la plus juste lumière ce à quoi nous aspirons en optant pour ce mode désormais très démocratisé d’expression.

A la création de tout espace personnel, se pose la même sempiternelle question. Comment exister ? Quelle mode d’expression privilégier ? Comment se distinguer ? Comment émerger du magma internetique en osant emprunter une voie différente de ce qui se fait ici et ailleurs ? Pourtant, le plus grand paradoxe de ce monde tient en ceci qu’il constitue à la fois une ouverture particulière sur ceux qui nous entourent mais qu’il est le plus souvent occupé à reproduire les mêmes comportements qui nous empêchent en société de mieux nous comprendre. Une fois un blog créé, en effet, il s’empresse d’intégrer une communauté (de valeurs, d’esprit ou d’opinion), et donc de fermer (ou d’entrebâiller, pour laisser passer ceux qui montrent patte blanche) sur lui la porte du chaos (ou la porte de la diversité, si vous préférez).

Le Plafond est un blog conçu pour demander à nombre de blogueurs tous très différents les uns des autres d’exprimer leur avis sur leur pratique dudit véhicule (le thème imposé étant souvent choisi en fonction de ce qui les caractérise en évidence ; histoire sans doute de les mettre à l’aise, de leur permettre d’évoluer dans leur élément), ce qui a pour effet premier de mener certaines communautés à la rencontre d’autres. Le constat est alors terrible. Le rejet des uns exprimé envers les autres constitue le seul et unique partage revendiqué.

Il n’aura suffi que de la publication du premier texte pour lancer la machine. Les uns moquaient les autres, et les autres, retournant tête basse parmi leur communauté, se réchauffaient ensemble au coin du feu pour se réconforter, stigmatisant l’ostracisme acharné des autres. Si l’on prend la peine d’aller visiter le blog de chaque intervenant, l’on s’aperçoit bien sur très vite que les blogueurs en question n’y sont nullement vilipendés. Ils y sont félicités, grassement peut-être, comme sur tout blog qui se respecte. La cour, disent certains. Peut-on dire qu’ils soient différents sur le Plafond de ce qu’ils sont chez eux ? Non, ils y sont précisément tels qu’ils sont, mais la différence essentielle tient en ceci qu’ils sont déportés et donc nécessairement sommés de se confronter à d’autres communautés, à d'autres langages, à d’autres codes, à d’autres comportements. Et cette confrontation semble chaque fois promise à l’échec.

Finalement, le Plafond, c’est comme une idée de gauche. C’est une bonne idée. Ne manquent que les individus désireux d’en adopter les exigences.