mercredi 22 avril 2009

Sauvé par des idiots !


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Ce n’est pas sérieux. Pas sérieux, mais à vrai dire, il est prouvé que l’excès de sérieux tue.

Je suis né au milieu d’une famille de gauche. Une famille tout ce qu’il y a de plus rouge. Les femmes de ma famille sont toutes (ou presque, si l’on excepte une de mes grands-mères) féministes, certaines le sont avec une énergie que le temps n’érode pas. Ce combat constitue pour elles une nature, pour ainsi dire, si bien qu’elles n’ont pas besoin de le porter tel un drapeau. Elles n’ont pas besoin du reflet qu’il pourrait leur renvoyer. C’est leur force. Leur intelligence aussi. C’est pourquoi j’ai été surpris, tout récemment, de découvrir que le féminisme pouvait aussi produire quantité de monstres, vomissant leur rancœur pathologique sans aucune sorte de discernement. Mais il faut dire que je suis un naïf : tous les mouvements, y compris ceux qui prônent libérations et affranchissements produisent ce type de tares difformes. L’adrénaline de la lutte rameute toutes sortes d’individus écorchés, revanchards et maltraités par la vie ; ils veulent éclabousser le monde du sang qui excrète de leurs plaies pourries.

Prenons cet exemple, tour à tour comique et inquiétant ; exemple d’énergumène morveux persuadé que l’avenir de la femme passe par la reconduite de tout musulman à la frontière (elle reconduit aussi tout intervenant contradictoire aux portes de son blog au son de clinquants : « retourne voir ton imam ») ; persuadé que quiconque émet un avis contraire ou même nuancé est un tenant de ce qu’elle appelle drolatiquement « l’ordre patriarcal ». Ce qui me fait penser que le fanatisme est une merveilleuse chose, qui unit bien souvent croyants, idéologues et militants politiques dans le même lit. Autrefois, on se faisait péter les mâchoires par de gentils maoïstes, par de confraternels militants internationalistes, désormais, on va voir ce qu’on va voir, nous les mecs qui cirons les pompes des imams dans les caves de nos cités glauques…c’est à la hache qu’on va nous recevoir.

Bien entendu, cela n’est pas sérieux. Si je n’étais pas si bête, j’éviterais sans aucun doute de considérer ce genre de choses, d’y épuiser ne serait-ce qu’une minute de mon temps. C’est que cette colère me fascine, ces mots virtuels, si longtemps retenus prisonniers, dont on perçoit le remugle puant m’interroge. Je les pique au vif, je les provoque, je les incise pour voir de quelle matière ils sont faits. Je repars sans réponse, toujours. C’est d’autant plus idiot et inutile. De toute façon, plus le temps passe, plus les gens sérieux m’emmerdent, plus leur misère m’apparaît flagrante, nue et indécente. Ils ne veulent pas de ma pitié ou de ma commisération. Je les plains en quelques mots mais s’ils avaient quelque pouvoir, ils me les feraient ravaler avec quelques poignées de terre bien sèches. Comme d’habitude, j’attends donc que le temps fasse son effet, que les enténébrés s’illuminent ou qu’ils fassent leur temps puis qu'ils disparaissent, tout comme je fais maintenant le mien avant de disparaître à mon tour. J’espère in fine que la bêtise la plus crasse saura nous préserver de ces individus là !