
Cet après-midi, plongé dans un état semi comateux, profitant du sommeil des enfants, totalement avachi sur le canapé du salon, j’ai regardé le tout premier épisode de L’Incroyable Hulk, vieille mouture, entendons-nous bien avec le gros Lou Ferigno, culturiste de son état.
Je ne vais pas vous mentir, cette série ne présente aucun intérêt, si ce n’est tout à fait comique (comique indépendant de la volonté de l’époque, je suppose). Dans ce premier épisode, après quelques malheureuses manipulations de rayons Gamma, David Banner quitte son laboratoire sous une pluie battante. Déjà, il laisse poindre quelques gestes d’humeur, sans doute excité par quelque découverte majeure. Après s’être glissé dans l’habitacle, il tente de démarrer sa voiture. « Allez », marmonne-t-il quand le moteur refuse de s’ébrouer. Une tempête, un moteur souffreteux, voilà qui a de quoi énerver, pense-t-on, chacun sachant que la moindre contrariété peut suffire à réveiller la bête écologique qui dort en David Banner. Mais rien de tel ne se produit, la voiture démarre enfin, et le véhicule avale la route, sous un déluge continu.
L’image suivante nous propose un plan large et rase-mottes de la route, sur laquelle on distingue un obstacle métallique. Au loin, c’est la voiture que l’on aperçoit, insouciante du danger qui la guette. Bientôt, l’inévitable se produit, le pneu gauche éclate. Après avoir maîtrisé sobrement son véhicule, David Banner se couvre la tête de son manteau et rageant de plus belle, s’en va chercher son cric afin de procéder au changement de roue. Surélevant l’automobile par l’avant, il se porte ensuite au chevet de son pneu malade et s’affaire pour en défaire les attaches. Sous la pluie, les écrous sont aussi glissants que de petites savonnettes humides et la manivelle ripe une première puis une deuxième fois, déséquilibrant David Banner qui s’écorche la main gauche sur le bitume détrempé. C’en est évidemment trop ; c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder la rivière de son lit. Métamorphose verte et destruction du véhicule s’ensuivent. La roue valdingue, le pare-brise vole en éclats, la carrosserie se fait copieusement défoncer la gueule et finalement, toute la voiture s’en va valser dans le fossé.
En rigolant avec mon épouse, on se dit tous les deux que pour Hulk, le quotidien ne doit pas être de tout repos.
Et soudain, c’est l’illumination. Voilà déjà plusieurs semaines que je m’interroge nerveusement pour savoir comment répondre à la question que m’ont posée Cynique Ta Mère et Malbeyer. Comprenez-moi bien, ne citer que trois choses susceptibles de me mettre en colère, c’est comme demander à Sade de ne citer que trois déviances sexuelles qu’il affectionne ; comme demander à une ménagère de citer ses trois épisodes préférés des Feux de l’Amour. C’est impossible, impensable. Tout m’énerve. Je suis L’Incroyable Hulk. Je suis dans ma cuisine, mettons, je veux ouvrir une boite de conserve (du type de celles qui disposent d’une ouverture dite facile) et la languette en métal se casse. Trois heures plus tard, je me réveille, dans la cuisine dévastée, les murs et le plafond recouverts de raviolis aux trois fromages ! Je suis le cinglé que vous croisez parfois et qui pousse des hurlements de bête quand le vent souffle en sens contraire sur l’Avenue de France.
Je suis enfin le mec qui se lamente, assis sur le trottoir, à coté d’une voiture complètement déglinguée. Une jeune femme s’arrête et demande : « vous avez eu un accident ? ». Je répond, des trémolos dans la voix : « non, c’est moi qui ai fait ça, l’allume cigare ne marchait plus ».
Je ne vais pas vous mentir, cette série ne présente aucun intérêt, si ce n’est tout à fait comique (comique indépendant de la volonté de l’époque, je suppose). Dans ce premier épisode, après quelques malheureuses manipulations de rayons Gamma, David Banner quitte son laboratoire sous une pluie battante. Déjà, il laisse poindre quelques gestes d’humeur, sans doute excité par quelque découverte majeure. Après s’être glissé dans l’habitacle, il tente de démarrer sa voiture. « Allez », marmonne-t-il quand le moteur refuse de s’ébrouer. Une tempête, un moteur souffreteux, voilà qui a de quoi énerver, pense-t-on, chacun sachant que la moindre contrariété peut suffire à réveiller la bête écologique qui dort en David Banner. Mais rien de tel ne se produit, la voiture démarre enfin, et le véhicule avale la route, sous un déluge continu.
L’image suivante nous propose un plan large et rase-mottes de la route, sur laquelle on distingue un obstacle métallique. Au loin, c’est la voiture que l’on aperçoit, insouciante du danger qui la guette. Bientôt, l’inévitable se produit, le pneu gauche éclate. Après avoir maîtrisé sobrement son véhicule, David Banner se couvre la tête de son manteau et rageant de plus belle, s’en va chercher son cric afin de procéder au changement de roue. Surélevant l’automobile par l’avant, il se porte ensuite au chevet de son pneu malade et s’affaire pour en défaire les attaches. Sous la pluie, les écrous sont aussi glissants que de petites savonnettes humides et la manivelle ripe une première puis une deuxième fois, déséquilibrant David Banner qui s’écorche la main gauche sur le bitume détrempé. C’en est évidemment trop ; c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder la rivière de son lit. Métamorphose verte et destruction du véhicule s’ensuivent. La roue valdingue, le pare-brise vole en éclats, la carrosserie se fait copieusement défoncer la gueule et finalement, toute la voiture s’en va valser dans le fossé.
En rigolant avec mon épouse, on se dit tous les deux que pour Hulk, le quotidien ne doit pas être de tout repos.
Et soudain, c’est l’illumination. Voilà déjà plusieurs semaines que je m’interroge nerveusement pour savoir comment répondre à la question que m’ont posée Cynique Ta Mère et Malbeyer. Comprenez-moi bien, ne citer que trois choses susceptibles de me mettre en colère, c’est comme demander à Sade de ne citer que trois déviances sexuelles qu’il affectionne ; comme demander à une ménagère de citer ses trois épisodes préférés des Feux de l’Amour. C’est impossible, impensable. Tout m’énerve. Je suis L’Incroyable Hulk. Je suis dans ma cuisine, mettons, je veux ouvrir une boite de conserve (du type de celles qui disposent d’une ouverture dite facile) et la languette en métal se casse. Trois heures plus tard, je me réveille, dans la cuisine dévastée, les murs et le plafond recouverts de raviolis aux trois fromages ! Je suis le cinglé que vous croisez parfois et qui pousse des hurlements de bête quand le vent souffle en sens contraire sur l’Avenue de France.
Je suis enfin le mec qui se lamente, assis sur le trottoir, à coté d’une voiture complètement déglinguée. Une jeune femme s’arrête et demande : « vous avez eu un accident ? ». Je répond, des trémolos dans la voix : « non, c’est moi qui ai fait ça, l’allume cigare ne marchait plus ».