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Ann Peebles (1947 – St Louis, Missouri)
Celle-là chante comme elle respire. A 9 ans, elle participe activement aux bonnes œuvres familiales et chante au sein de la chorale paternelle ; The Peebles Choir. A 20 ans, elle pose ses bagages pesants à Memphis et enregistre pour l’autre grand label noir de l’époque, Hi records (le label d’Al Green notamment). Quelques tubes raisonnables : I can’t stand the rain, Trouble heartache & sadness.
Le producteur Willie Mitchell se frotte les paumes des mains. Ann n’a pas une voix commune. Elle possède un timbre légèrement éraillé, une présence naturelle, une voix qui emplit le son en douceur et fébrilité et qui se marie à merveille avec le son maison, chaud, simple, refusant la sophistication Motown ou la rugosité de l’empire Stax aux pieds d’argile. Elle enregistre pour le label pas moins de 7 albums entre 1970 et 1979.
Une sorte d’Al Green au féminin donc, à l’ondulation naturelle, qui porte en elle une musique humble, foncièrement humble, restée très proche du blues matriciel et de ses origines sudistes. Les cuivres résonnent dans le studio, sérieux, appliqués, c’est une science en soi, et elle étend sur leur ponctuation son immense talent.
Je ne sais réellement ce qui fait d’elle une chanteuse si unique. Il y a la voix bien entendu, je l’ai écrit plus haut. Cette humilité presque dévotionnelle qui caractérise le moindre de ses chants d’espoir ou de plainte. Une époque, qui semble la traverser et l’emmener avec elle, avec une réelle bienveillance. Peut-être le sentiment qu’elle transmet une musique sans âge, à la fois hors du temps et héritière d’un patrimoine unique.
Pour toutes ces raisons et pour plein d’autres sans doute, Ann Peebles n’a pas d’équivalent. Elle a un héritage à transmettre.
[Plusieurs chansons sont à écouter ; vous pouvez les faire défiler comme sur un lecteur classique (avec les flèches). Bonne écoute]