
J’ai abordé le sujet il y a quelque temps déjà, mais le voilà qui rebondit malgré moi. C’est Claire Chazal l’autre qui m’en a parlé en se grattant négligemment le lobe de l'oreille gauche (ce qu’il faut d’effort pour soulever la partie de brushing qui le recouvre, je ne vous le dis pas…).
Quand il s’agit pour une entreprise qui annonce de grassouillets bénéfices d’en faire un tant soit peu profiter ses salariés (qui y ont nécessairement – rappelons-le – apporté une importante contribution) elle n’hésite pas à défendre ce qu’elle croit être l’essentiel de sa liberté. Liberté, c’est un mot qui sonne agréablement aux oreilles. On distingue de suite l’image pieuse d’un Rimbaud détalant au devant (sic) des dangers du monde.
Et Pourtant… Suite à une information révélée par le quotidien Libération, Hertz France, l'entreprise de location de voiture, a bien confirmé jeudi 14 mai (accrochez-vous, le style est à chier) que "l'ensemble de ses cadres, représentant moins de 10 % de ses effectifs, a reçu une proposition à participer à une réduction de salaire basée exclusivement sur le volontariat et ce pour une période limitée dans le temps" (…) "Cette initiative a été proposée pour améliorer la gestion des coûts dans cette période économique difficile", a ajouté Hertz. Explicitons ! Pour "préserver au maximum les emplois" dans le contexte de crise, le loueur de voitures a demandé à ses cadres de renoncer, sur la base du volontariat, à au moins 5 % de leur salaire brut pendant trois mois par "effort de solidarité".
Traduisez de la manière suivante. Quand l’entreprise fait des bénéfices, elle est libre d’en faire ce qu’elle veut. Comprenez aussi : l’argent est une propriété, le travail est une sorte de location. Quand en revanche l’entreprise est dans la panade (ou qu'elle prétend l'être), elle se métamorphose alors en socialiste tout ce qu’il y a de plus sectaire. Soucieuse de "préserver au maximum les emplois" (sous-entendu : on licenciera un petit peu quand même), la Direction de Hertz indique malicieusement qu’elle fait de l’intérêt général une absolue priorité. Ce qui n’est pas envisageable dans un sens (la redistribution) le devient donc miraculeusement dans l’autre (la cession d’une partie de son salaire). N'est-ce pas merveilleux ?
Ce qui nous fait penser qu’il n’y a sans doute rien de plus vrai que ce splendide adage : on ne prête jamais qu’aux riches !
[Les tenants du capitalisme aimeraient nous persuader que les dérives que l’on prête à leur système chéri ne sont le fait que d’une minorité d’acteurs. Des dévoyés, des salauds, des véreux, des sans scrupules ! Or, chaque jour, nous sommes informés de ce genre de bizarroïdes distorsions, chaque jour nous constatons que ce qui est vrai la veille peut devenir parfaitement faux le lendemain. Le moins que l’on puisse penser, c’est qu’en réalité, c’est bien la nature même du système qui est pourrie.]
Quand il s’agit pour une entreprise qui annonce de grassouillets bénéfices d’en faire un tant soit peu profiter ses salariés (qui y ont nécessairement – rappelons-le – apporté une importante contribution) elle n’hésite pas à défendre ce qu’elle croit être l’essentiel de sa liberté. Liberté, c’est un mot qui sonne agréablement aux oreilles. On distingue de suite l’image pieuse d’un Rimbaud détalant au devant (sic) des dangers du monde.
Et Pourtant… Suite à une information révélée par le quotidien Libération, Hertz France, l'entreprise de location de voiture, a bien confirmé jeudi 14 mai (accrochez-vous, le style est à chier) que "l'ensemble de ses cadres, représentant moins de 10 % de ses effectifs, a reçu une proposition à participer à une réduction de salaire basée exclusivement sur le volontariat et ce pour une période limitée dans le temps" (…) "Cette initiative a été proposée pour améliorer la gestion des coûts dans cette période économique difficile", a ajouté Hertz. Explicitons ! Pour "préserver au maximum les emplois" dans le contexte de crise, le loueur de voitures a demandé à ses cadres de renoncer, sur la base du volontariat, à au moins 5 % de leur salaire brut pendant trois mois par "effort de solidarité".
Traduisez de la manière suivante. Quand l’entreprise fait des bénéfices, elle est libre d’en faire ce qu’elle veut. Comprenez aussi : l’argent est une propriété, le travail est une sorte de location. Quand en revanche l’entreprise est dans la panade (ou qu'elle prétend l'être), elle se métamorphose alors en socialiste tout ce qu’il y a de plus sectaire. Soucieuse de "préserver au maximum les emplois" (sous-entendu : on licenciera un petit peu quand même), la Direction de Hertz indique malicieusement qu’elle fait de l’intérêt général une absolue priorité. Ce qui n’est pas envisageable dans un sens (la redistribution) le devient donc miraculeusement dans l’autre (la cession d’une partie de son salaire). N'est-ce pas merveilleux ?
Ce qui nous fait penser qu’il n’y a sans doute rien de plus vrai que ce splendide adage : on ne prête jamais qu’aux riches !
[Les tenants du capitalisme aimeraient nous persuader que les dérives que l’on prête à leur système chéri ne sont le fait que d’une minorité d’acteurs. Des dévoyés, des salauds, des véreux, des sans scrupules ! Or, chaque jour, nous sommes informés de ce genre de bizarroïdes distorsions, chaque jour nous constatons que ce qui est vrai la veille peut devenir parfaitement faux le lendemain. Le moins que l’on puisse penser, c’est qu’en réalité, c’est bien la nature même du système qui est pourrie.]