“Nous sommes gouvernés par des immigrés et des enfants d’immigrés à tous les niveaux. Estrosi et Ciotti à Nice, Mariani, ce sont des gens dont les parents étaient italiens. Je n’ai rien contre les Italiens ni contre les Espagnols. Je n’ai rien non plus contre le fait que Valls ait les mêmes droits civiques que moi mais cela ne lui donne pas l’autorisation de me donner des conseils ou de me faire des remontrances sur le plan de la morale civique."
Jean-Marie dans le texte. Je vais te faire courir moi, le rouquin, pédé va... Je ne devrais pas en rire, mais il me fait rire, Jean-Marie. Je n'y peux rien. Comment fait-on pour le prendre au sérieux depuis aussi longtemps ? Le revoilà avec Pétain maintenant, en une de Rivarol, ce machin moisi qui n'est lu que par trois pelés et un tondu (à la libération ?). Et ça plonge comme un bataillon de Greg Loudanis (vous googlerez pour saisir la comparaison). Pétain, les nostalgiques de l'Algérie française, une sortie pleine d'à propos d'Aliot pour valider la nouvelle respectabilité du Front, à laquelle ont tient comme à de vieux bijoux de famille à l'heure d'étudier l'héritage. Le Rassemblement Bleu Marine est un négatif ressorti du tiroir. Il s'est fondé sur le dos du père et désormais, il rebondit sur son ventre. Moi, je suis français depuis mille ans. Fichtre, je me disais bien l'autre jour que Jean-Marie était là depuis des lustres, et qu'il s'accrochait à nous comme un morpion bien blond, mais un millénaire, voilà qui force le respect. Le Pen est donc bien plus âgé qu'on ne le croit : pour quelqu'un qui milite très certainement pour le respect des aïeux, ça tombe évidemment très bien. Mille ans. Mille ans, ça résonne, non ? Comment ne pas pouffer de rire à la lecture d'une telle déclaration. Mon grand-père Gino a bien connu le racisme quand il débarqua en France, de sa campagne de la région des Marches. Lorsque nous évoquions la chose, en famille, nous pensions que l'exclusivité lui serait garantie. Que nenni, Jean-Marie a mille ans ; il peut ressusciter cette vieille xénophobie de mes deux (et oublier combien les fils et petit-fils d'immigrés italiens et portugais ont contribué à grossir son électorat) et mettre en doute l'authenticité (ou la profondeur) de notre nationalité. Moi, qui ne suis français que depuis 50 ans (en creusant bien) - bien que n'en ayant pas 40 (Jean-Marie l'est bien depuis mille ans sans être centenaire) - je me garderai bien, à l'avenir, de lui donner quelque leçon que ce soit. Restons bons amis, Jean-Marie. On n'a guère souvent le luxe, à presque 40 ans, de redevenir aussi soudainement l'immigré qu'on ne fut jamais vraiment. L'inné, l'acquis. Mille ans. Tic Tac Tic Tac Tic Tac.