
Un départ en vacances – vacance de l’esprit, du boulot, du bloguage – ça se fête comme il se doit, avec un joli billet inconséquent. C’est par exemple le moment idéal pour parler de ce film totalement idiot que j’ai vu hier au ciné (c’était la seule séance dispo dans mes heures ; pour voir There Will be blood, fallait attendre deux heures) qui narre (sans scénario aucun, on ne s’encombre pas à Hollywood) la petite vie d’un gusse qui possède le don de se téléporter d’un bout à l’autre de la planète. Et puis non, non, c’est trop idiot. Le type se fait pourchasser par des fanatiques qui ne goûtent que très peu ce moyen de locomotion : pourquoi d’ailleurs, c’est là que le bat blesse, on ne voit pas du tout pourquoi ce don particulier semble contrarier quelque éthique religieuse que ce soit…bon, c’est d’une nullité achevée, je m’arrête là ; que je parte en vacance (au singulier, c’est important) est une chose, que j’abandonne toutes velléités de réflexion ou d’humanité en est une autre.
Pendant ce petit séjour en paresse, je vais peut-être en profiter pour aller me chercher de quoi sortir ma collection de disques de ses cartons. Il y a 10 cartons bien gras en tout. Ils souffrent en silence, je perçois des notes étouffés, ça me rend malade, Trane, Freddie, Lee Morgan, le Grand Dorham (moi, je ne suis que le petit) sont retenus en cage, je crois percevoir leur envie de percer cette chair de mauvaise compression, de PVC soigneusement appliqué. Merde, quoi, ils veulent virer de là et entreprendre le monde de leur génie et pourquoi pas, pourquoi pas, le contaminer.
Je vais aussi aller m’acheter un bureau, pour poser mon joli mac dessus. Comme le dégroupage déménage moins vite que les meubles et que nos petits bras musclés n’y peuvent rien, je ne disposerai pas de la faculté de me téléporter d’un bout à l’autre du net, mais dans cette pièce de travail isolée, j’aurai tout loisir de faire avancer mon « truc » sur le chemin pentu de son achèvement. Vlan ! Avance, avance !
Ce samedi, je vais aller voir Balmeyer (en vrai), Zoridae (en rousse), Poireau (sans crime à résoudre, je l’espère) et Nicolas (en houblon) (entre autres). C’est sympa d’abolir de temps en temps les murs de la virtualité.
Et puis bon, je peux finir tout ça, en vous parlant de ce petit livre qui sied parfaitement à toute période de vacance (au singulier, je dis !). C’est le premier volet d’une série noire dont Dortmunder est le héros et dont le génial Westlake est le père. C’est pas compliqué pour deux sous. Mettons qu’il vous faille dérober un objet de valeur dans une enceinte sur-sécurisé, Dortmunder est l’homme qu’il vous faut.
En l’occurrence, dans « Pierre qui roule », c’est une émeraude sacrée, que s’arrachent deux petits états africains. Et Dortmunder (et quatre autres bras cassés) qui, à peine sorti de taule, qui prennent la barre. Comme Westlake, j’ai un faible pour les deux-pieds-gauches, une tendresse particulière pour les dialogues de sourds, les situations improbables, pour l’absurde. Et il n’y a pas meilleur écrivain que lui pour décrire ce genre d’intrigues sinueuses, qui vous mènent par le rire, d’un bout à l’autre…
Exercice de style ; Westlake nous montre comment un cambriolage de haut vol peut vous amener à en faire trois autres. Un musée, un commissariat, un asile de fous et une banque ; rien que ça. Avec une évasion et un enlèvement par dessus le marché. Sans sérieux aucun, bien entendu.
Je vous le conseille vivement pour vos vacances prochaines.
Bonne vacance à moi, et on se retrouve le 10 mars.
Pendant ce petit séjour en paresse, je vais peut-être en profiter pour aller me chercher de quoi sortir ma collection de disques de ses cartons. Il y a 10 cartons bien gras en tout. Ils souffrent en silence, je perçois des notes étouffés, ça me rend malade, Trane, Freddie, Lee Morgan, le Grand Dorham (moi, je ne suis que le petit) sont retenus en cage, je crois percevoir leur envie de percer cette chair de mauvaise compression, de PVC soigneusement appliqué. Merde, quoi, ils veulent virer de là et entreprendre le monde de leur génie et pourquoi pas, pourquoi pas, le contaminer.
Je vais aussi aller m’acheter un bureau, pour poser mon joli mac dessus. Comme le dégroupage déménage moins vite que les meubles et que nos petits bras musclés n’y peuvent rien, je ne disposerai pas de la faculté de me téléporter d’un bout à l’autre du net, mais dans cette pièce de travail isolée, j’aurai tout loisir de faire avancer mon « truc » sur le chemin pentu de son achèvement. Vlan ! Avance, avance !
Ce samedi, je vais aller voir Balmeyer (en vrai), Zoridae (en rousse), Poireau (sans crime à résoudre, je l’espère) et Nicolas (en houblon) (entre autres). C’est sympa d’abolir de temps en temps les murs de la virtualité.
Et puis bon, je peux finir tout ça, en vous parlant de ce petit livre qui sied parfaitement à toute période de vacance (au singulier, je dis !). C’est le premier volet d’une série noire dont Dortmunder est le héros et dont le génial Westlake est le père. C’est pas compliqué pour deux sous. Mettons qu’il vous faille dérober un objet de valeur dans une enceinte sur-sécurisé, Dortmunder est l’homme qu’il vous faut.En l’occurrence, dans « Pierre qui roule », c’est une émeraude sacrée, que s’arrachent deux petits états africains. Et Dortmunder (et quatre autres bras cassés) qui, à peine sorti de taule, qui prennent la barre. Comme Westlake, j’ai un faible pour les deux-pieds-gauches, une tendresse particulière pour les dialogues de sourds, les situations improbables, pour l’absurde. Et il n’y a pas meilleur écrivain que lui pour décrire ce genre d’intrigues sinueuses, qui vous mènent par le rire, d’un bout à l’autre…
Exercice de style ; Westlake nous montre comment un cambriolage de haut vol peut vous amener à en faire trois autres. Un musée, un commissariat, un asile de fous et une banque ; rien que ça. Avec une évasion et un enlèvement par dessus le marché. Sans sérieux aucun, bien entendu.
Je vous le conseille vivement pour vos vacances prochaines.
Bonne vacance à moi, et on se retrouve le 10 mars.
[Pierre qui roule de Donald Westlake – trad. Alexis Nolent – éd. Rivages/Noir]

















