mercredi 13 février 2008

Peut-on faire plus con ?


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Croyez-le bien, je ne me serais pas avili à parler moi aussi de cette brave Carla Bruni si elle n’avait témoigné récemment dans L’Express, via l’ineffable Christophe Barbier (journaliste de type « remue-la-queue »). Et encore, je n’aurai pas consenti sur elle la moindre ligne (car en vérité, ces histoires ne m’intéressent pas), si elle n’avait utilisé certains termes pour évoquer l’affaire du SMS piraté.

Par ailleurs, tout le reste de l’entrevue n’a presque aucun sens. Elle n’a pas lieu d’être. Les questions de Christophe Barbier ont une saveur équivalente aux questions qui pourrait être posées par une journaliste de Fan de au leader du groupe Tokio Hotel.

(Avez-vous été surprise par le raz-de-marée médiatique qui a suivi l'annonce de ce qui était alors votre liaison amoureuse avec Nicolas Sarkozy, à la mi-décembre 2007 ? ; A quoi ressemble cet autre monde, celui de la politique ?)

Revenons à ces termes. Les voici. Mot pour mot. « A travers son site Internet, dit-elle, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. (rien de bien grave jusqu’ici ; à peine peut-on relever qu’une interview de ce genre - étant entendu que le titre et le statut de Première Dame de France ne figure dans aucun paragraphe de la constitution française - ne peut de ce fait relever de la nature politique et ne peut donc relever que du domaine du « pipol »). Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs ? »

Mais alors, me dis-je, qu’est-ce que ça vient foutre là dedans ? Ne pourrait-on pas arrêter à tout bout de champ de faire référence à ce pan de l’Histoire, qui plus est, pour dresser d’aussi biaiseux parallèles, mettant en rapport des situations qui n’ont strictement rien en commun ? Pour l’affaire, on pourrait bien lui signifier qu’un SMS de cette nature révélé au grand public ne risque gère que de créer des tensions entre elle et son nouveau mari, alors qu’une dénonciation pendant l’occupation (pour quelque motif que ce soit) conduisait à la mort certaine, des familles entières bien souvent…

De la même façon, chez certains à gauche, on entend les mêmes références, pour taxer la politique d’immigration. Pour qualifier les prétendues opinions rampantes du chef de l’état, dont l’on afflige les affiches et portraits de moustaches suggestives, de brassards qui ne le sont pas moins.

Parce que l’on a pas les mots ni les arguments pour dire les choses comme il faut les dire, décrypter les événements tels qu’il convient de le faire, parce que l’on ne dispose que de peu de sens d’analyse, et qu’une référence coup de poing permet de s’exonérer du moindre effort intellectuel. En fait, même pas tant que cela. Lorsque l’on conteste sur la forme ces comparaisons douteuses, ceux qui les profèrent déploient alors des trésors d’énergie pour vous faire entendre raison, sortent leur livre d’Histoire, effectuent des recoupements, analysent le passé, le présent, le futur, mettent le doigt sur des similitudes insoupçonnées et insoupçonnables, et vous entraînent dans une discussion sans fin, qui s’éloignent petit à petit du sujet sensible de départ.
Dommage que cette énergie là ne soit destinée à meilleur usage.