Affaire classée.
On a rendu son passeport au camarade Dominique. Finie la confiscation du droit de véhiculer. Les souvenirs de Rikers Island s’estompent doucement. Et les socialistes sont contents. Et ceux qui n’aiment pas vraiment les socialistes ne sont pas contents que les socialistes soient contents. « Un peu de pudeur, merde, s’époumonent-ils en chœur. Et Nafissatou ? Et Nafissatou ? Pas un mot pour Nafissatou ? » - Merci à Suzanne...
J’espérais pour ma part que l’on finirait par ne plus parler de cette histoire, que l’on finirait par l’oublier un peu parce qu’à vrai dire, je commençais à trouver ce déballage lassant. Et pitoyable. DSK va au resto. DSK sort de sa bagnole. DSK coince la clé de son appartement dans la serrure de la porte donnant sur le hall. Flashs et crépitements. Une du Daily-machin dégueulasse et anti-française – à faire du moins convaincu un patriote franchouillard digne d’un membre du tea party. New-York ramené à la taille de Vezoul : Palais de Justice -appartement de DSK - déjeuner en ville. Il était temps que cela se termine ou s’atténue, ou s’adoucisse. Et bien non, l’affaire DSK, c’est comme la corrida, on en redemande. S’il ne s’y passe plus rien, on bat des mains pour rappeler le matador.
Parce que l’on est l’ami du genre féminin, pas du tout parce que l’on a de vieux fantasmes voyeuristes, on voudrait bien connaitre la vérité et comme on pressent vaguement qu’on ne l’obtiendra pas, on met en branle ses petits neurones dans l’optique de déterminer ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Ce faisant, bien sûr, puisqu’en l’espèce – en l’absence de preuves – tout est absolument possible (et je dis bien tout), on détermine davantage l’hypothèse qui nous semble la plus probable au détriment de celle dont on croit qu’elle l’est moins. En langage courant, on appelle cela prendre ses désirs pour des réalités. L’hypothèse la moins probable, disent en chœur, nos petits soldats de la reconstitution en chambre, consiste à affirmer qu’une dizaine de minutes ne peuvent suffire à convenir d’une transaction sexuelle. L’un d’entre eux, blogueur pourtant estimable, se croit même obligé de dire que si nous n’avons certes pas la certitude que la scène a duré moins de dix minutes, un laps de temps supplémentaire portant la durée de l’événement à plus d’une vingtaine de minutes n’aurait pas davantage permis de conclure un accord sexuel et financier.
Je vais m’empresser de les détromper. 10 minutes suffisent amplement.
DSK sort de sa douche. Comme chacun sait, sous la douche, il arrive que les hommes se livrent à des pratiques tout à fait réprouvées par la morale catholique du 14ème siècle. Quand DSK coupe donc le jet d’eau chaude et qu’il se dirige vers sa chambre, ruisselant, il est déjà bouillant, savamment excité, ce que la serviette enroulée autour de sa taille dissimule à peine. C’est apparemment à ce moment là qu’il croise Nafissatou Diallo. Elle a un petit charme, la femme de chambre, je me vois désolé de contredire certains, elle a au moins celui de la surprise en l’occurrence. Je ne vais pas plus loin dans cette description par refus d’une forme de complaisance et aussi, pour ne pas me faire étriller par les quelques féministes qui échoueraient ici.
DSK est à l’aise, sûr de sa personne, malgré sa silhouette difforme, comme un puissant peut l’être. Il fait peut-être une remarque salace, graveleuse. Et elle, elle remarque bien que sous la serviette, DSK est plutôt heureux de la voir. Dans un premier temps, elle est peut-être gênée, à moins qu’elle ne trouve la situation un peu grotesque. L’homme est gras, surexcité. Elle le trouve peut-être laid. La transaction commence pourtant. DSK n’est sans doute pas d’une finesse remarquable. « D’autres que vous, Madame, ont déjà accepté mes propositions. Vous savez, j’ai beaucoup d’argent, j’ai largement de quoi vous rétribuer. » (1) Elle refuse sans doute une première fois. Elle est sans doute indignée par les manières grossières et vulgaires de cet homme qu’elle ne connait pas. « Je ne suis pas une prostituée », se défend-t-elle. DSK s’approche peut-être pour lui barrer le chemin et d’une voix douce lui murmure : « Je ne me permettrais jamais de dire cela. Bien sûr que vous n’êtes pas une prostituée, mais cela vous soulagerait peut-être. Peut-être avez-vous quelques problèmes dans votre vie que je pourrais vous aider à régler, je suis un homme puissant, vous savez, j’ai des relations… ». La conversation peut avoir duré un certain temps comme cela avant que Nafissatou Diallo ne cède. Mais elle cède finalement ; ne perdez pas de vue, s’il vous plait, qu’il ne s’agit que d’une hypothèse. L’acte en soi n’a duré que quelques instants. DSK, dès la permission accordée s’est jeté sur elle et a assouvi son désir en à peine 2 minutes. Il faut moins de temps à d’autres. Peut-être a-t-elle alors éprouvé pour elle-même du dégoût. Le déroulement de l’acte lui-même lui a peut-être semblé insoutenable. Peut-être même a posteriori. Si tel est le cas, l’homme repoussant, obèse, qui s’est déversé sur elle comme un animal a sans doute accru ce dégoût. Aussi – et il ne s’agit donc peut-être pas forcément d’un acte de vénalité prémédité mais de l’expression d’une simple volonté de ce qu’elle imagine être une digne rétribution (davantage un dédommagement en fait que la rémunération d’un acte sexuel tarifé) – elle croit bon (et peut-être juste) de demander à DSK, au riche et puissant DSK tel qu’il s’est décrit lui-même, une somme déraisonnable. Somme qu’il refuse de payer. Qu’importe, dit-elle alors, en claquant la porte de la chambre, elle pourrait tout aussi bien le faire chanter. Et c’est ainsi que la déferlante aurait pu emporter ces deux personnes.
Cette hypothèse tient la route, aussi répugnante soit-elle. (2)
Bien entendu, d’un point de vue moral, si la chose s’est déroulée de la sorte, tout cela est parfaitement dégoûtant et nous pouvons bien sûr porter sur ces événements un jugement moral qui ne serait aucunement en faveur de DSK. L’homme aurait ainsi usé de sa position pour abuser de la fébrilité psychologique, financière et sociale d’une femme. En allant plus loin, d’un point de vue essentiellement moral, nous pourrions même considérer tout cela comme une sorte de viol, bien sûr. Quand bien même la frontière serait ténue, elle n’en serait pas moins là. Stricto sensu, DSK se serait assuré du consentement de Nafissatou Diallo, quand bien même les moyens employés seraient aussi discutables qu’amoraux. Il serait toutefois dans l’impossibilité de le prouver tout comme Nafissatou Diallo serait dans l’incapacité de prouver avoir été manipulée puisque pas même un dollar n’aurait été échangé entre eux. Légalement, judiciairement, l’affaire ne tiendrait pas une seule seconde au pénal. Le procès civil serait alors en effet plus conforme à la réalité des faits. Il permettrait de réparer ce que Nafissatou Diallo identifierait à rebours (peut-être à juste titre) comme un préjudice moral.
Dans cette affaire, tout le problème provient du fait que ceux qui se croient autorisés à donner un avis, à former des hypothèses, oublient (ou ignorent) à quel point les êtres humains sont complexes. Que ce qui les agite, les fait se mouvoir, les fait agir et réagir l’est tout autant. Or, l’être humain et ses actions, s’ils obéissent sans doute à quelque déterminisme, n’en constituent pas pour autant une équation mathématique qu’il serait aisé de résoudre en additionnant les minutes, en les soustrayant, et en empilant nos propres conceptions morales tout en refusant de considérer celles qui nous seraient étrangères. Voilà sans doute pourquoi il ne sert à rien de se réjouir ou de s’attrister parce que ce procès n’aura jamais lieu. Toute justice qui refuse de juger, lorsqu’elle ne croit pas disposer des éléments pour éviter à coup sûr de porter un jugement tronqué reposant sur des bases incertaines, est une justice saine et équilibrée. A ce titre, les socialistes triomphants sont aussi impudents que ceux qui ne cessent d’afficher leurs certitudes ; féministes ou histrions de droite et d’extrême droite.
Le Procureur a abandonné les charges. DSK a récupéré son passeport et reviendra certainement en France dans les prochains jours. Ce passeport ne lui permettra pas de jouer un rôle politique à l’avenir ; l’opinion y est opposée. Il y aura pour lui d’autres échéances judiciaires, peut-être plus adaptées à la réalité des faits et des sentiments de chacun. Les correspondants à l’étranger des chaines d’information peuvent maintenant retourner à leurs occupations quotidiennes et les voisins d’un temps de DSK retrouver une vie tranquille.
(1) DSK a certes affirmé n’avoir pas rétribué Nafissatou Diallo. Il n’a pas dit en revanche que la question n’avait jamais été abordée.
(2) Et on pourrait en établir d’autres.
On a rendu son passeport au camarade Dominique. Finie la confiscation du droit de véhiculer. Les souvenirs de Rikers Island s’estompent doucement. Et les socialistes sont contents. Et ceux qui n’aiment pas vraiment les socialistes ne sont pas contents que les socialistes soient contents. « Un peu de pudeur, merde, s’époumonent-ils en chœur. Et Nafissatou ? Et Nafissatou ? Pas un mot pour Nafissatou ? » - Merci à Suzanne...
J’espérais pour ma part que l’on finirait par ne plus parler de cette histoire, que l’on finirait par l’oublier un peu parce qu’à vrai dire, je commençais à trouver ce déballage lassant. Et pitoyable. DSK va au resto. DSK sort de sa bagnole. DSK coince la clé de son appartement dans la serrure de la porte donnant sur le hall. Flashs et crépitements. Une du Daily-machin dégueulasse et anti-française – à faire du moins convaincu un patriote franchouillard digne d’un membre du tea party. New-York ramené à la taille de Vezoul : Palais de Justice -appartement de DSK - déjeuner en ville. Il était temps que cela se termine ou s’atténue, ou s’adoucisse. Et bien non, l’affaire DSK, c’est comme la corrida, on en redemande. S’il ne s’y passe plus rien, on bat des mains pour rappeler le matador.
Parce que l’on est l’ami du genre féminin, pas du tout parce que l’on a de vieux fantasmes voyeuristes, on voudrait bien connaitre la vérité et comme on pressent vaguement qu’on ne l’obtiendra pas, on met en branle ses petits neurones dans l’optique de déterminer ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Ce faisant, bien sûr, puisqu’en l’espèce – en l’absence de preuves – tout est absolument possible (et je dis bien tout), on détermine davantage l’hypothèse qui nous semble la plus probable au détriment de celle dont on croit qu’elle l’est moins. En langage courant, on appelle cela prendre ses désirs pour des réalités. L’hypothèse la moins probable, disent en chœur, nos petits soldats de la reconstitution en chambre, consiste à affirmer qu’une dizaine de minutes ne peuvent suffire à convenir d’une transaction sexuelle. L’un d’entre eux, blogueur pourtant estimable, se croit même obligé de dire que si nous n’avons certes pas la certitude que la scène a duré moins de dix minutes, un laps de temps supplémentaire portant la durée de l’événement à plus d’une vingtaine de minutes n’aurait pas davantage permis de conclure un accord sexuel et financier.
Je vais m’empresser de les détromper. 10 minutes suffisent amplement.
DSK sort de sa douche. Comme chacun sait, sous la douche, il arrive que les hommes se livrent à des pratiques tout à fait réprouvées par la morale catholique du 14ème siècle. Quand DSK coupe donc le jet d’eau chaude et qu’il se dirige vers sa chambre, ruisselant, il est déjà bouillant, savamment excité, ce que la serviette enroulée autour de sa taille dissimule à peine. C’est apparemment à ce moment là qu’il croise Nafissatou Diallo. Elle a un petit charme, la femme de chambre, je me vois désolé de contredire certains, elle a au moins celui de la surprise en l’occurrence. Je ne vais pas plus loin dans cette description par refus d’une forme de complaisance et aussi, pour ne pas me faire étriller par les quelques féministes qui échoueraient ici.
DSK est à l’aise, sûr de sa personne, malgré sa silhouette difforme, comme un puissant peut l’être. Il fait peut-être une remarque salace, graveleuse. Et elle, elle remarque bien que sous la serviette, DSK est plutôt heureux de la voir. Dans un premier temps, elle est peut-être gênée, à moins qu’elle ne trouve la situation un peu grotesque. L’homme est gras, surexcité. Elle le trouve peut-être laid. La transaction commence pourtant. DSK n’est sans doute pas d’une finesse remarquable. « D’autres que vous, Madame, ont déjà accepté mes propositions. Vous savez, j’ai beaucoup d’argent, j’ai largement de quoi vous rétribuer. » (1) Elle refuse sans doute une première fois. Elle est sans doute indignée par les manières grossières et vulgaires de cet homme qu’elle ne connait pas. « Je ne suis pas une prostituée », se défend-t-elle. DSK s’approche peut-être pour lui barrer le chemin et d’une voix douce lui murmure : « Je ne me permettrais jamais de dire cela. Bien sûr que vous n’êtes pas une prostituée, mais cela vous soulagerait peut-être. Peut-être avez-vous quelques problèmes dans votre vie que je pourrais vous aider à régler, je suis un homme puissant, vous savez, j’ai des relations… ». La conversation peut avoir duré un certain temps comme cela avant que Nafissatou Diallo ne cède. Mais elle cède finalement ; ne perdez pas de vue, s’il vous plait, qu’il ne s’agit que d’une hypothèse. L’acte en soi n’a duré que quelques instants. DSK, dès la permission accordée s’est jeté sur elle et a assouvi son désir en à peine 2 minutes. Il faut moins de temps à d’autres. Peut-être a-t-elle alors éprouvé pour elle-même du dégoût. Le déroulement de l’acte lui-même lui a peut-être semblé insoutenable. Peut-être même a posteriori. Si tel est le cas, l’homme repoussant, obèse, qui s’est déversé sur elle comme un animal a sans doute accru ce dégoût. Aussi – et il ne s’agit donc peut-être pas forcément d’un acte de vénalité prémédité mais de l’expression d’une simple volonté de ce qu’elle imagine être une digne rétribution (davantage un dédommagement en fait que la rémunération d’un acte sexuel tarifé) – elle croit bon (et peut-être juste) de demander à DSK, au riche et puissant DSK tel qu’il s’est décrit lui-même, une somme déraisonnable. Somme qu’il refuse de payer. Qu’importe, dit-elle alors, en claquant la porte de la chambre, elle pourrait tout aussi bien le faire chanter. Et c’est ainsi que la déferlante aurait pu emporter ces deux personnes.
Cette hypothèse tient la route, aussi répugnante soit-elle. (2)
Bien entendu, d’un point de vue moral, si la chose s’est déroulée de la sorte, tout cela est parfaitement dégoûtant et nous pouvons bien sûr porter sur ces événements un jugement moral qui ne serait aucunement en faveur de DSK. L’homme aurait ainsi usé de sa position pour abuser de la fébrilité psychologique, financière et sociale d’une femme. En allant plus loin, d’un point de vue essentiellement moral, nous pourrions même considérer tout cela comme une sorte de viol, bien sûr. Quand bien même la frontière serait ténue, elle n’en serait pas moins là. Stricto sensu, DSK se serait assuré du consentement de Nafissatou Diallo, quand bien même les moyens employés seraient aussi discutables qu’amoraux. Il serait toutefois dans l’impossibilité de le prouver tout comme Nafissatou Diallo serait dans l’incapacité de prouver avoir été manipulée puisque pas même un dollar n’aurait été échangé entre eux. Légalement, judiciairement, l’affaire ne tiendrait pas une seule seconde au pénal. Le procès civil serait alors en effet plus conforme à la réalité des faits. Il permettrait de réparer ce que Nafissatou Diallo identifierait à rebours (peut-être à juste titre) comme un préjudice moral.
Dans cette affaire, tout le problème provient du fait que ceux qui se croient autorisés à donner un avis, à former des hypothèses, oublient (ou ignorent) à quel point les êtres humains sont complexes. Que ce qui les agite, les fait se mouvoir, les fait agir et réagir l’est tout autant. Or, l’être humain et ses actions, s’ils obéissent sans doute à quelque déterminisme, n’en constituent pas pour autant une équation mathématique qu’il serait aisé de résoudre en additionnant les minutes, en les soustrayant, et en empilant nos propres conceptions morales tout en refusant de considérer celles qui nous seraient étrangères. Voilà sans doute pourquoi il ne sert à rien de se réjouir ou de s’attrister parce que ce procès n’aura jamais lieu. Toute justice qui refuse de juger, lorsqu’elle ne croit pas disposer des éléments pour éviter à coup sûr de porter un jugement tronqué reposant sur des bases incertaines, est une justice saine et équilibrée. A ce titre, les socialistes triomphants sont aussi impudents que ceux qui ne cessent d’afficher leurs certitudes ; féministes ou histrions de droite et d’extrême droite.
Le Procureur a abandonné les charges. DSK a récupéré son passeport et reviendra certainement en France dans les prochains jours. Ce passeport ne lui permettra pas de jouer un rôle politique à l’avenir ; l’opinion y est opposée. Il y aura pour lui d’autres échéances judiciaires, peut-être plus adaptées à la réalité des faits et des sentiments de chacun. Les correspondants à l’étranger des chaines d’information peuvent maintenant retourner à leurs occupations quotidiennes et les voisins d’un temps de DSK retrouver une vie tranquille.
(1) DSK a certes affirmé n’avoir pas rétribué Nafissatou Diallo. Il n’a pas dit en revanche que la question n’avait jamais été abordée.
(2) Et on pourrait en établir d’autres.
Vil écorcheur d'identité ! Raciste avec les noms étrangers! Sexiste par indifférence!
RépondreSupprimerNafissatou, qu'elle s'appelle...
(Nafissa - tout ça pour ça !)
Si elle s'appelait Fatoumata, ce serait plus simple...
RépondreSupprimerOu Fatou, c'est plus court...
RépondreSupprimerIrène vengera Nafissatou.
RépondreSupprimer(ça et le tremblement de terre de mardi, y'a comme un air de Sodome et Gomorrhe)
A moins qu'Irène ne venge la Nouvelle-Orléans...doivent être soulagés quand même !
RépondreSupprimer