mardi 21 février 2012

Mardi Gras


Dans le rite halal, on tue le bœuf en l’égorgeant sans l’estourbir. Tourné vers la Mecque. C'est ignoble. C'est inhumain. Inbovin, presque. Dans le rite boucher traditionnel français, label rouge, ignorant des points cardinaux, on prend la peine de l’assommer et il arrive même qu’on lui susurre des mots doux, qu’on lui caresse les naseaux, qu’on lui montre des photos de famille, de ses père, mère, frères et sœurs, qu’on lui propose une dernière clope, qu’on lui fasse écouter un peu de musique pour le détendre, de petites choses de Liszt qui peignent l’atmosphère de couleurs mélancoliques, douces et pastels, propres à élever les sentiments. Il arrive également que le bourreau explique à la bête la valeur de son sacrifice et lui rende ainsi hommage pour sa contribution patriotique. De la même façon, les musulmans mangent leur viande en ricanant cruellement, car ils savent que la viande n’est tendre qu’en proportion des souffrances de l’animal. Bien au contraire, quand les français mangent une entrecôte, ils ne le font jamais sans chanter l’Ode à la Carcasse, sans verser une petite larmichette, sans penser au courage de la bête, morte pour la France. C’est bien là toute la différence entre eux et nous.