
Dans le rite halal, on tue le bœuf en l’égorgeant sans l’estourbir. Tourné vers la Mecque. C'est ignoble. C'est inhumain. Inbovin, presque. Dans le rite boucher traditionnel français, label rouge, ignorant des points cardinaux, on prend la peine de l’assommer et il arrive même qu’on lui susurre des mots doux, qu’on lui caresse les naseaux, qu’on lui montre des photos de famille, de ses père, mère, frères et sœurs, qu’on lui propose une dernière clope, qu’on lui fasse écouter un peu de musique pour le détendre, de petites choses de Liszt qui peignent l’atmosphère de couleurs mélancoliques, douces et pastels, propres à élever les sentiments. Il arrive également que le bourreau explique à la bête la valeur de son sacrifice et lui rende ainsi hommage pour sa contribution patriotique. De la même façon, les musulmans mangent leur viande en ricanant cruellement, car ils savent que la viande n’est tendre qu’en proportion des souffrances de l’animal. Bien au contraire, quand les français mangent une entrecôte, ils ne le font jamais sans chanter l’Ode à la Carcasse, sans verser une petite larmichette, sans penser au courage de la bête, morte pour la France. C’est bien là toute la différence entre eux et nous.
Les ingrats...
RépondreSupprimerQui ça ?
RépondreSupprimerLes mangeurs.
RépondreSupprimerAh oui. Oui.
RépondreSupprimerD'après Pluton, en commentaire chez moi, les bœufs se prendraient un coup de lame au travers du crâne…
RépondreSupprimerCela dit, l'argument de la souffrance animale pour critiquer l'abattage hala me semble de loin le plus léger – pour ne pas dire irrecevable.
Et même un tantinet ridicule...
RépondreSupprimerOn est d'accord. On sent la volonté d'empiler toutes sortes de raisons, des meilleures aux plus absurdes, afin de montrer qu'on a raison. Un peu comme un menteur accumule les preuves de son honnêteté et, ce faisant, dénonce son mensonge.
RépondreSupprimerC'est vrai ça, ça ne sont que des bêtes, pas la peine de se casser la tête à les faire souffrir le moins possible, nous bien sûr, on préfèrerait être estourbi avant d'être égorgé, mais nous c'est pas pareil, on est l'espèce humaine, l'espèce supérieure, celle qui a une âme.
RépondreSupprimerOh crotte ! ancien ennemi des quinquas, me voilà ennemi des zanimo !
RépondreSupprimerAudine : ce que je voulais dire dans mon commentaire, c'est que, de toute façon, le sort des animaux de boucherie, entre le moment où on les sort de l'endroit où ils ont vécu et celui où il meurt, est de toute façon un cauchemar abominable. Donc, un peu plus un peu moins, ce n'est pas là-dessus qu'il faut faire porter les attaques contre l'abattage hallal (si on veut s'en prendre à l'abattage hallal, bien entendu, ce qui semble loin d'être le cas de tout le monde…).
RépondreSupprimerQuant à Dorham, après ce qu'il a dit des quinquas, qu'il ne compte pas que je l'estourbisse avant de l'égorger si jamais je le croise !
RépondreSupprimer(Là, normalement, l'hystérie pénale moderne étant ce qu'elle est, vous devriez pouvoir porter plainte contre moi pour menaces de mort, et récolter un peu de monnaie…)
"un peu plus, un peu moins ..." : quelques fois, c'est important !
RépondreSupprimerC'est sûr que faire de la souffrance animale l'Argument contre l'abattage hallal à l'insu du plein gré des consommateur est un peu idiot, mais ça ne le rend pas pour autant négligeable.
consommateurS, même ...
RépondreSupprimerEnfin, mon intervention, c'est parce que je ne trouve pas ridicule de défendre qu'on traite bien les animaux.
Mais ton article, Dorham, m'a quand même fait beaucoup rire !
Audine, pas la peine d'essayer de me convaincre : je suis, sur ce sujet, d'une sensiblerie de fiote ! Une mésange blessée me met les larmes aux yeux.
RépondreSupprimer(Et le pire c'est que je ne plaisante pas…)
Audine,
RépondreSupprimerMais moi non plus, je ne trouve pas cela ridicule, ce que je trouve ridicule, c'est cet argument, dans ce contexte, manifestement utilisé comme prétexte... Tout le monde sait que - faché avec le halal ou non - le problème est ailleurs... Bref, c'est ridicule et peut-être même un brin hypocrite... Surtout quand on sait, comme le rappelle Didier, qu'à un "estourbissement" près, les conditions d'abattage industriel des bêtes constituent de toute façon une atrocité.