On a beaucoup parlé de l’affaire Bettencourt, de ses multiples ramifications, des démarches entreprises par sa fille – peut-être moins ingrate qu’on ne le pense à la réflexion – pour obtenir un droit de tutelle. On n’a pas assez parlé du financement occulte de la précédente campagne victorieuse qui porta Nicolas Sarkozy aux nues. Est-ce parce que ce fut le « pire jour de sa vie », comme il dit lui-même depuis peu – tout ça, c’est de la faute à Cécilia – ou parce que la presse n’est pas si à gauche qu’on veut bien le dire ? Je ne saurais répondre à cette épineuse question. Je n'en ai pas pas la compétence. Je ne suis pas un expert en expertise politique, moi. Il y a en tout cas un sujet que l’on n’a jamais abordé : la maltraitance des vieux. C’est pourtant bien de cela qu’il s’agit ; d’abus de faiblesse sur une vieille atteinte de démence.
Mamie n’a plus toute sa tête. Mamie a la mémoire qui défaille. Les souvenirs qui s’écaillent. Mamie est toutefois assise sur un pactole, ce qui la distingue de toutes les autres Mamie oublieuses – ce qui explique également pourquoi on ne l’a pas encore foutu en maison de retraite. Mamie a par ailleurs des amis qui ne lui veulent pas que du bien. Mamie a le compte en banque qui ressemble à un appartement plein de courants d’air. On y entre et on en sort sans faire de bruit, comme dans une Maison Close. L’argent de Mamie circule. Va de l’un à l’autre. S’échange, se refile sous le manteau. Se transbahute par valises en kevlar. Subventionne des artistes sans aucun talent. Des politiciens en campagne. Des gigolos sur le retour, des vieux beaux en costume cintré. Il y a des intermédiaires, des comptables soupçonneux, des domestiques indiscrets, des gens qui écoutent aux portes et des valets de parti qui finiront bouc émissaire, une distribution parfaite, étourdissante, pour une dramaturgie du pouvoir et de l’argent. Si j’étais la fille de cette Mamie là, je ferais tout, en effet, pour éviter qu’on ne profite d’elle et de son pognon. Tout cela est bien légitime.
En France, les vieux sont traités comme des chiens, les vieux sont traités comme des portes-monnaies, comme des vaches à lait. Puis, on s’en débarrasse comme de vieux meubles, quand ils ne peuvent plus nous servir ou quand leurs pis sont secs comme du bois mort. Et tout cela, dans l’indifférence générale. On les menace, on leur fait du chantage, on les use jusqu’à la trame, sans aucun scrupule. Dans l’indifférence générale, exactement ! Visez cette pauvre Bernadette, obligée de faire de la retape pour Sarkozy, sous peine de devoir régler toutes ses dettes sans l’appui de l’UMP (2,2 millions contractés par Jacques Chirac, dont 1,65 acquittés par le parti de la majorité présidentiel). Viens ici Mamie, dézingue mon opposant Mamie, va par là Mamie, pose-toi ici Mamie, souris à l’objectif Mamie, prends le train Mamie, et rejoins-moi là-bas Mamie, ça te rappellera l’époque des pièces jaunes. Chantage-sans-y-toucher, amicales pressions, intimidation peut-être. Si c’est pas de la maltraitance de vieux, ça, je ne sais pas ce que c’est alors… Et le Président nous reparle de dépendance ! Si c’est pas se moquer du monde…
Mamie n’a plus toute sa tête. Mamie a la mémoire qui défaille. Les souvenirs qui s’écaillent. Mamie est toutefois assise sur un pactole, ce qui la distingue de toutes les autres Mamie oublieuses – ce qui explique également pourquoi on ne l’a pas encore foutu en maison de retraite. Mamie a par ailleurs des amis qui ne lui veulent pas que du bien. Mamie a le compte en banque qui ressemble à un appartement plein de courants d’air. On y entre et on en sort sans faire de bruit, comme dans une Maison Close. L’argent de Mamie circule. Va de l’un à l’autre. S’échange, se refile sous le manteau. Se transbahute par valises en kevlar. Subventionne des artistes sans aucun talent. Des politiciens en campagne. Des gigolos sur le retour, des vieux beaux en costume cintré. Il y a des intermédiaires, des comptables soupçonneux, des domestiques indiscrets, des gens qui écoutent aux portes et des valets de parti qui finiront bouc émissaire, une distribution parfaite, étourdissante, pour une dramaturgie du pouvoir et de l’argent. Si j’étais la fille de cette Mamie là, je ferais tout, en effet, pour éviter qu’on ne profite d’elle et de son pognon. Tout cela est bien légitime.
En France, les vieux sont traités comme des chiens, les vieux sont traités comme des portes-monnaies, comme des vaches à lait. Puis, on s’en débarrasse comme de vieux meubles, quand ils ne peuvent plus nous servir ou quand leurs pis sont secs comme du bois mort. Et tout cela, dans l’indifférence générale. On les menace, on leur fait du chantage, on les use jusqu’à la trame, sans aucun scrupule. Dans l’indifférence générale, exactement ! Visez cette pauvre Bernadette, obligée de faire de la retape pour Sarkozy, sous peine de devoir régler toutes ses dettes sans l’appui de l’UMP (2,2 millions contractés par Jacques Chirac, dont 1,65 acquittés par le parti de la majorité présidentiel). Viens ici Mamie, dézingue mon opposant Mamie, va par là Mamie, pose-toi ici Mamie, souris à l’objectif Mamie, prends le train Mamie, et rejoins-moi là-bas Mamie, ça te rappellera l’époque des pièces jaunes. Chantage-sans-y-toucher, amicales pressions, intimidation peut-être. Si c’est pas de la maltraitance de vieux, ça, je ne sais pas ce que c’est alors… Et le Président nous reparle de dépendance ! Si c’est pas se moquer du monde…