
Quoi que l’on puisse en dire, nous sommes tous des américains.
Lorsque par exemple, l’on contemple, médusé, les images à peine frénétiques, d’une élection présidentielle d’un quelconque pays d’Europe de l’Est, on ne se sent qu’à peine concerné. Tout juste, en tant qu’animal politique se félicite-t-on de la victoire du camp de gauche ou de droite, c’est selon la couleur que l’on se plait à arborer.
En revanche, dès que les stickers amerloques clignotent, à gauche, à droite, en haut et en bas de l’écran, et annoncent le fire start de la grande kermesse électorale outre-atlantique, ça remue les tripes de tout un chacun.
Ça intrigue !
Pour un peu, on croirait voter.
On y comprend rien, et ce ne serait pas ajouter plus de confusion que de faire participer le monde entier (blanc et opulent de préférence) à l’élection du prochain chef du monde ; à coté, Sarkozy paraît encore plus rikiki !
Finalement, une élection américaine, vue d’ici, c’est encore pire qu’une élection française. La désinformation, ou la non-information fonctionne à pleins tubes. Vu d’ici, on ne sait rien d’autre que :
- Hilary Clinton est une femme, « la » femme de Bill, elle a du caractère et est contre la guerre en Irak mais a voté pour.
- John Edwards est un homme. Il a une belle tronche de président avec un sourire ultra-carnassier de libéral qui vous tue(-ltra-bright) !
- Barak Obama est noir. Il a toujours été contre la guerre en Irak. Il est de gauche, c’est sur, puisque Christophe Barbier et PPDA vous le disent.
Pour la politique, la vraie, tu repasseras.
On parle en budgets, en taux de confettis, d’audiences et de sondages et on te serine l’oreille droite à coup de :« au bas mot, Obama, c’est le changement et l’espoir », tandis que les images défilent ; de militants consciencieux, agitant des ballons multicolores ou passant coup de fil sur coup de fil pour convaincre le dernier idiot d’Iowa.
N’en déplaise à Arletty, lui, au moins, il a bien une tronche d’espoir, au moins autant que Ségolène à une certaine époque.
Faut pas en vouloir aux journalistes français, qui retranscrivent ce début de campagne comme ils peuvent. Les critères ne sont pas les mêmes ici que là-bas.
Pour preuve, l’éphémère champion Giuliani, ancien maire de New York pendant le 11 septembre, est aujourd’hui prié d’aller voir ailleurs s’il y est, parce qu’il est jugé pas assez conservateur.
Pour preuve, il s’est exprimé en faveur de l’avortement et du mariage gay. Quelle horreur, tout comme Ségolène et pile poil l’inverse de Sarkozy…manifestement, ce qui est rétrograde ailleurs l’est moins ici !
Il faut lire l’interview de l’historien François Durpaire, sur Afrik.com, pour mieux saisir l’abstraction, vue d’ici, d’une campagne à l’américaine.
A la question des programmes, l’historien affirme que le contenu politique défendu par Obama diffère de celui de Clinton, parce qu’il est davantage connoté socialement. Son programme est plus « rooseveltien », dit-il ! Sans rien dire, bien entendu, ni expliciter de ce que fut la politique estampillée Roosevelt.
De toute façon, s’empresse-t-il d’ajouter, la différence de programme compte peu.
Faut croire que le temps de cerveau est encore moins disponible là-bas qu’ici. Croire que la paupérisation de la société, la réduction des inégalités sociales, la politique étrangère, les GI’s qui se font ouvrir le bide à coups de voitures piégées, toutes ces vagues notions, carbonisées dans la grande casserole qui permet à l’obèse américain de faire éclater son pop-corn avant d’aller planter une bannière étoilée dans son jardin, restent lettres mortes à l’heure de bourrer grassement l’urne…
Il est finalement toujours complexe de montrer ce qu’est la réalité d’un pays, surtout lorsque l’on est trop habitué à ne pas faire son travail.
Ce qui est le plus réjouissant dans cet unanime embrouillaminis, c’est bien que les médias français (qui n’en sont donc pas à un paradoxe près) réussissent l’exploit homérique de se féliciter de la victoire momentanée d’un démocrate épris de liberté, soucieux de questions sociales et de juste redistribution des richesses, et, dans le même temps, de l’omniprésence passéiste, faussement libérale et ultra-droitiste du chef de l’état français…
Quand on veut, on peut…
Lorsque par exemple, l’on contemple, médusé, les images à peine frénétiques, d’une élection présidentielle d’un quelconque pays d’Europe de l’Est, on ne se sent qu’à peine concerné. Tout juste, en tant qu’animal politique se félicite-t-on de la victoire du camp de gauche ou de droite, c’est selon la couleur que l’on se plait à arborer.
En revanche, dès que les stickers amerloques clignotent, à gauche, à droite, en haut et en bas de l’écran, et annoncent le fire start de la grande kermesse électorale outre-atlantique, ça remue les tripes de tout un chacun.
Ça intrigue !
Pour un peu, on croirait voter.
On y comprend rien, et ce ne serait pas ajouter plus de confusion que de faire participer le monde entier (blanc et opulent de préférence) à l’élection du prochain chef du monde ; à coté, Sarkozy paraît encore plus rikiki !
Finalement, une élection américaine, vue d’ici, c’est encore pire qu’une élection française. La désinformation, ou la non-information fonctionne à pleins tubes. Vu d’ici, on ne sait rien d’autre que :
- Hilary Clinton est une femme, « la » femme de Bill, elle a du caractère et est contre la guerre en Irak mais a voté pour.
- John Edwards est un homme. Il a une belle tronche de président avec un sourire ultra-carnassier de libéral qui vous tue(-ltra-bright) !
- Barak Obama est noir. Il a toujours été contre la guerre en Irak. Il est de gauche, c’est sur, puisque Christophe Barbier et PPDA vous le disent.
Pour la politique, la vraie, tu repasseras.
On parle en budgets, en taux de confettis, d’audiences et de sondages et on te serine l’oreille droite à coup de :« au bas mot, Obama, c’est le changement et l’espoir », tandis que les images défilent ; de militants consciencieux, agitant des ballons multicolores ou passant coup de fil sur coup de fil pour convaincre le dernier idiot d’Iowa.
N’en déplaise à Arletty, lui, au moins, il a bien une tronche d’espoir, au moins autant que Ségolène à une certaine époque.
Faut pas en vouloir aux journalistes français, qui retranscrivent ce début de campagne comme ils peuvent. Les critères ne sont pas les mêmes ici que là-bas.
Pour preuve, l’éphémère champion Giuliani, ancien maire de New York pendant le 11 septembre, est aujourd’hui prié d’aller voir ailleurs s’il y est, parce qu’il est jugé pas assez conservateur.
Pour preuve, il s’est exprimé en faveur de l’avortement et du mariage gay. Quelle horreur, tout comme Ségolène et pile poil l’inverse de Sarkozy…manifestement, ce qui est rétrograde ailleurs l’est moins ici !
Il faut lire l’interview de l’historien François Durpaire, sur Afrik.com, pour mieux saisir l’abstraction, vue d’ici, d’une campagne à l’américaine.
A la question des programmes, l’historien affirme que le contenu politique défendu par Obama diffère de celui de Clinton, parce qu’il est davantage connoté socialement. Son programme est plus « rooseveltien », dit-il ! Sans rien dire, bien entendu, ni expliciter de ce que fut la politique estampillée Roosevelt.
De toute façon, s’empresse-t-il d’ajouter, la différence de programme compte peu.
Faut croire que le temps de cerveau est encore moins disponible là-bas qu’ici. Croire que la paupérisation de la société, la réduction des inégalités sociales, la politique étrangère, les GI’s qui se font ouvrir le bide à coups de voitures piégées, toutes ces vagues notions, carbonisées dans la grande casserole qui permet à l’obèse américain de faire éclater son pop-corn avant d’aller planter une bannière étoilée dans son jardin, restent lettres mortes à l’heure de bourrer grassement l’urne…
Il est finalement toujours complexe de montrer ce qu’est la réalité d’un pays, surtout lorsque l’on est trop habitué à ne pas faire son travail.
Ce qui est le plus réjouissant dans cet unanime embrouillaminis, c’est bien que les médias français (qui n’en sont donc pas à un paradoxe près) réussissent l’exploit homérique de se féliciter de la victoire momentanée d’un démocrate épris de liberté, soucieux de questions sociales et de juste redistribution des richesses, et, dans le même temps, de l’omniprésence passéiste, faussement libérale et ultra-droitiste du chef de l’état français…
Quand on veut, on peut…