
Jerry Gonzalez est né dans ce quartier du Bronx, qui compte plus de portoricains que Puerto Rico. Né aux confluents des influences, au carrefour des couleurs et des haines. Et sa musique a l’odeur de l’histoire de son quartier ; une sorte de west side story avec du talent en plus.
Jerry Gonzalez est multi-instrumentiste. Il joue de la trompette. Lorsque tous les instruments sont pris par d’autres, il ne reste plus qu’à taper sur un peu n’importe quoi, de vieux seaux renversés, un bout de table, des percussions mal tendues. Comme tout bon latino-américain, Gonzalez tape sur tout ce qui bouge, ses mains peuvent dire l’histoire du rythme, en décrire les évolutions, les variations les plus infimes ; de la rumba, au cha-cha, en passant par le merengue, les rythmes congolais, afro-cubains.
Rythmes, divines créations sans âge, dont le mariage est un ravissement sensuel.
Ses musiciens sont comme lui, dans un Big Band conduit au millimètre, de chemins balisés en chemins de traverse, des musiciens voyageurs, des musiciens sans frontières, sans couleurs, sans bornes, sans limite d’esprit, sans purisme proverbial inscrit sur le front.

Deux ombres planent sur ce disque :
Gil Evans dont on reconnaît l’écriture souvent cinématographique, tout en variations de température, jamais empruntée de lyrisme facile, toujours subtile, portant l’art de l’arrangement au rang d’orfèvrerie ;
Kenny
Kirkland, pianiste frère et voyageur, dont le jeu semblait dessiner des couleurs, des paysages, murmurer des oraisons, compagnon de Gonzalez et de tant d’autres, qui s’est brutalement éteint, alors qu’il enregistrait un disque avec le saxophoniste Branford Marsalis (Requiem).
Le dernier titre de cet album est une rumba, composée pour lui, une ode de joie, à la fois douce et venteuse, sereine et débridée, une ode contrastée, entre emportements d’ensemble et solitude du soliste, qui entraîne les autres, les voix, et les porte aux nues ; parfaite illustration de ce que fut le jeu de Kirkland, non pas dans le style (qui n’est pas imité) mais dans l’esprit de partage, de communion, d’humilité, de bonté.
L’ensemble est à l’image de ces deux titres, toujours ambitieux, d’une exquise finesse, jamais dans la prétention ou dans la démonstration. Comme si ce grand ensemble possédait le pouvoir magique de raconter des histoires, les histoires de ce grand quartier qui vit grandir Jerry Gonzalez ; histoires d’hommes, de femmes, d’enfances, d’étés malsains, où la chaleur semble faire naître la crasse du moindre micro-organisme, où tout est latent, suspendu, histoires de maris jaloux, de colères sourdes, histoires drôles que l’on raconte sur les vieux fous du quartier ou sur les vieilles matrones, histoires clichés, machine à faire fantasmer Hollywood.
Jerry Gonzalez est multi-instrumentiste. Il joue de la trompette. Lorsque tous les instruments sont pris par d’autres, il ne reste plus qu’à taper sur un peu n’importe quoi, de vieux seaux renversés, un bout de table, des percussions mal tendues. Comme tout bon latino-américain, Gonzalez tape sur tout ce qui bouge, ses mains peuvent dire l’histoire du rythme, en décrire les évolutions, les variations les plus infimes ; de la rumba, au cha-cha, en passant par le merengue, les rythmes congolais, afro-cubains.
Rythmes, divines créations sans âge, dont le mariage est un ravissement sensuel.
Ses musiciens sont comme lui, dans un Big Band conduit au millimètre, de chemins balisés en chemins de traverse, des musiciens voyageurs, des musiciens sans frontières, sans couleurs, sans bornes, sans limite d’esprit, sans purisme proverbial inscrit sur le front.

Deux ombres planent sur ce disque :
Gil Evans dont on reconnaît l’écriture souvent cinématographique, tout en variations de température, jamais empruntée de lyrisme facile, toujours subtile, portant l’art de l’arrangement au rang d’orfèvrerie ;
Kenny
Kirkland, pianiste frère et voyageur, dont le jeu semblait dessiner des couleurs, des paysages, murmurer des oraisons, compagnon de Gonzalez et de tant d’autres, qui s’est brutalement éteint, alors qu’il enregistrait un disque avec le saxophoniste Branford Marsalis (Requiem).Le dernier titre de cet album est une rumba, composée pour lui, une ode de joie, à la fois douce et venteuse, sereine et débridée, une ode contrastée, entre emportements d’ensemble et solitude du soliste, qui entraîne les autres, les voix, et les porte aux nues ; parfaite illustration de ce que fut le jeu de Kirkland, non pas dans le style (qui n’est pas imité) mais dans l’esprit de partage, de communion, d’humilité, de bonté.
L’ensemble est à l’image de ces deux titres, toujours ambitieux, d’une exquise finesse, jamais dans la prétention ou dans la démonstration. Comme si ce grand ensemble possédait le pouvoir magique de raconter des histoires, les histoires de ce grand quartier qui vit grandir Jerry Gonzalez ; histoires d’hommes, de femmes, d’enfances, d’étés malsains, où la chaleur semble faire naître la crasse du moindre micro-organisme, où tout est latent, suspendu, histoires de maris jaloux, de colères sourdes, histoires drôles que l’on raconte sur les vieux fous du quartier ou sur les vieilles matrones, histoires clichés, machine à faire fantasmer Hollywood.