
Et bien c’est fait.
Pour fumer, c’est dehors. A l’extérieur, sur le pavé, le nez sous le fouet des bourrasques. Parce que la saine respiration des autres est décrétée cause nationale et sanitaire.
Avant, c’était dedans et ce le fut longtemps. Bars. Trains. Bureaux. La dictature enfumée enveloppait les autres d’ombres cancéreuses et néfastes.
Mais désormais, tout va mieux, c’est dehors.
On peut aller au café avec ses mômes, boire un demi avec ses mômes.
Parce qu’en revanche, pour picoler, c’est dedans.
Dehors, c’est interdit ; c’est « ivresse sur voie publique », c’est répréhensible et dans un mauvais jour, ça peut vous offrir une nuit aux frais de la princesse en fourgon (à ne pas confondre avec la princesse en merco).
Dedans, on peut se cintrer au comptoir et enquiquiner la jolie maman qui est venue passer le temps dans son troquet non fumeur avec sa chère progéniture.
Déjà, on avait commencé par bannir la cigarette au boulot.
Alors, pour fumer, c’était dehors. Et les fumeurs qui se refusaient à mettre un terme à leur mauvais vice composaient ensemble une fratrie résistante, fataliste, philosophe.
Cette affaire de loi qui mène aujourd’hui dehors ce qui était autrefois dedans, je soupçonne que c’est surtout un cadeau pour journalistes ; histoire de leur porter sur un plateau quelques possibilités d’écarts de langage à heures de grande écoute.
Et on s’en donne à cœur joie, avec un demi-sourire placardé en traviole sur le visage, on plonge les mains dans de l’argot de pacotille : cigarette, clope, sèche, en griller une ; dans la bouche de David Pujadas, ça sonne creux, c’est un peu comme si Lorie lisait du Nimier !
Mais on a l’époque que l’on mérite, le génie que l’on mérite.
Cette affaire du dedans/dehors, c’est devenu une obsession. Même la ministre de la santé a du mal à dire restaurant, bar, brasserie, elle préfère parler d’espace de convivialité.
Ce glissement de langage, syndrome dernier de cette société détergent qui se rêve dénuée d’aspérités, n’annonce pas de meilleures aubes.
Bientôt, on parlera d’espace de sociabilité, puis d’espace civil, puis d’espace à partager. Quand tout le monde s’emmerdera ferme dans ce monde où tout ce qui peut être partagé sera interdit, mis dehors, il n’y aura plus que le chez soi cadenassé que l’on ne partagera qu’avec soi-même, une somme répugnante d’espaces solitaires, individuels, débilitants. Avec la première chaîne tout en haut de la pyramide (au moins, on pourra fumer devant – enfin, si les gosses sont couchés et qu’un ventilateur soigneusement orienté emmène la fumée récalcitrante dehors)…
Moi dedans, télé dedans, la fumée dehors, sain dehors, les poumons noirs dedans…des frontières partout !
Pour fumer, c’est dehors. A l’extérieur, sur le pavé, le nez sous le fouet des bourrasques. Parce que la saine respiration des autres est décrétée cause nationale et sanitaire.
Avant, c’était dedans et ce le fut longtemps. Bars. Trains. Bureaux. La dictature enfumée enveloppait les autres d’ombres cancéreuses et néfastes.
Mais désormais, tout va mieux, c’est dehors.
On peut aller au café avec ses mômes, boire un demi avec ses mômes.
Parce qu’en revanche, pour picoler, c’est dedans.
Dehors, c’est interdit ; c’est « ivresse sur voie publique », c’est répréhensible et dans un mauvais jour, ça peut vous offrir une nuit aux frais de la princesse en fourgon (à ne pas confondre avec la princesse en merco).
Dedans, on peut se cintrer au comptoir et enquiquiner la jolie maman qui est venue passer le temps dans son troquet non fumeur avec sa chère progéniture.
Déjà, on avait commencé par bannir la cigarette au boulot.
Alors, pour fumer, c’était dehors. Et les fumeurs qui se refusaient à mettre un terme à leur mauvais vice composaient ensemble une fratrie résistante, fataliste, philosophe.
Cette affaire de loi qui mène aujourd’hui dehors ce qui était autrefois dedans, je soupçonne que c’est surtout un cadeau pour journalistes ; histoire de leur porter sur un plateau quelques possibilités d’écarts de langage à heures de grande écoute.
Et on s’en donne à cœur joie, avec un demi-sourire placardé en traviole sur le visage, on plonge les mains dans de l’argot de pacotille : cigarette, clope, sèche, en griller une ; dans la bouche de David Pujadas, ça sonne creux, c’est un peu comme si Lorie lisait du Nimier !
Mais on a l’époque que l’on mérite, le génie que l’on mérite.
Cette affaire du dedans/dehors, c’est devenu une obsession. Même la ministre de la santé a du mal à dire restaurant, bar, brasserie, elle préfère parler d’espace de convivialité.
Ce glissement de langage, syndrome dernier de cette société détergent qui se rêve dénuée d’aspérités, n’annonce pas de meilleures aubes.
Bientôt, on parlera d’espace de sociabilité, puis d’espace civil, puis d’espace à partager. Quand tout le monde s’emmerdera ferme dans ce monde où tout ce qui peut être partagé sera interdit, mis dehors, il n’y aura plus que le chez soi cadenassé que l’on ne partagera qu’avec soi-même, une somme répugnante d’espaces solitaires, individuels, débilitants. Avec la première chaîne tout en haut de la pyramide (au moins, on pourra fumer devant – enfin, si les gosses sont couchés et qu’un ventilateur soigneusement orienté emmène la fumée récalcitrante dehors)…
Moi dedans, télé dedans, la fumée dehors, sain dehors, les poumons noirs dedans…des frontières partout !