Je vous assure pourtant, je n’ai aucun don de divination. Vendredi, je décrivais à gros traits le traitement réservé aux hommes et aux femmes qui n’ont pas la chance de justifier de paperasse leur offrant le droit établi de poser leurs valises ici. Il n’aura pas suffi de 24 heures pour venir étayer mon propos.
Vendredi donc, à Joinville Le Pont, en début d’après midi, après un contrôle de police, un homme (privé de droit de séjour) se jetait dans la Marne pour échapper aux policiers de la BAC. Le choc thermique de l’immersion provoquait sa mort, un peu plus tard, à l’hôpital Lariboisière, après que les pompiers l’ait repêché dans un état critique.
Voilà donc où nous en sommes. Au bord du néant, dans l’absurde de l'arbitraire et de l'inhumain. La mort plutôt que l’expulsion. Il faut tenter d’imaginer dans quel effroi devait vivre cet homme, pour ne plus distinguer dans sa situation que cet échappatoire là. Combien de temps va-t-on encore accepter cela ? Sans broncher…combien de temps allons-nous continuer de ne pas exiger que cessent ces horreurs ? Pendant encore combien de temps allons-nous consentir davantage d’être les complices de cette politique de racisme et d’exclusion, menée en notre nom.
Parallèlement, une discussion vaseuse s’est déroulée chez Didier Goux. On peut y lire des propos (principalement tenus pas un certain Marchenoir - je sais pas pour vous, mais un pseudo pareil me file des frissons) sans nuances, d’hommes et de femmes nous mettant en garde contre l’islamisation programmée de la société. On y décrit des hordes de barbus sanguinaires prêts à égorger nos enfants, violer nos femmes et répandre sur tout le continent des kilotonnes de viande hallal. Bêtement, j’ai participé à cette discussion, laissant lentement glisser celle-ci vers tout ce qui n’était pas essentiel (la religion et son sens, principalement). Ce faisant, j’ai bêtement légitimé ce type d’idéologies. Je l'ai respecté en tant qu'idée raisonnable. Or, en réalité, sur ce thème, aucune discussion ne doit être possible, aucun débat ne peut être tenu.
L’islamophobie (et en général, toute stigmatisation péjorative et globalisante de toute une catégorie de population) est une gangrène ignoble qui va nous dévorer tout cru, tout comme l’a fait l’antisémitisme en son temps. Discuter sur ce terrain est déjà un compromis. Même en terme aimable et "courtois". En son temps, je suis certain que l’on trouvait nombre de théoriciens, capables d’argumenter des heures sur le fléau juif, de multiplier les exemples d’une prétendue domination, d’un vaste complot visant à nous priver de notre souveraineté et de notre droit à affirmer nos différences.
Ces mêmes théoriciens pourraient également, j’en suis certain, nous expliquer longuement le bien fondé de la nouvelle politique française d’immigration. Entre contingences nationales et absconse géopolitique. Il suffit d’écouter un peu plus bas les propos d’un ministre de la République, Me Morano et l’acolyte qui suit sa trace pour en être convaincu.
Le sarkozysme triomphant a fait taire énormément de voix dans ce pays. Avec la mort du Lepenisme, avec l’émergence d’un terrorisme mieux organisé et davantage répandu sur la planète, c’est l’anti-racisme qui est devenu inaudible. Inaudible face aux pseudo-contingences héritées de la mondialisation.
Devant ce constat, notre vigilance doit redoubler, notre engagement ne peut se satisfaire de bonnes excuses (comme celle qui a été la mienne pour ne pas me rendre à la manifestation de samedi après-midi, à quelques pieds de chez moi, Place d’Italie)… Il n’est pas question de remettre en cause nos principes démocratiques, mais si nous jugeons les intégristes indignes de la démocratie, pourquoi les islamophobes ou les tenants de l’immigration zéro le seraient davantage ?
Vendredi donc, à Joinville Le Pont, en début d’après midi, après un contrôle de police, un homme (privé de droit de séjour) se jetait dans la Marne pour échapper aux policiers de la BAC. Le choc thermique de l’immersion provoquait sa mort, un peu plus tard, à l’hôpital Lariboisière, après que les pompiers l’ait repêché dans un état critique.
Voilà donc où nous en sommes. Au bord du néant, dans l’absurde de l'arbitraire et de l'inhumain. La mort plutôt que l’expulsion. Il faut tenter d’imaginer dans quel effroi devait vivre cet homme, pour ne plus distinguer dans sa situation que cet échappatoire là. Combien de temps va-t-on encore accepter cela ? Sans broncher…combien de temps allons-nous continuer de ne pas exiger que cessent ces horreurs ? Pendant encore combien de temps allons-nous consentir davantage d’être les complices de cette politique de racisme et d’exclusion, menée en notre nom.
Parallèlement, une discussion vaseuse s’est déroulée chez Didier Goux. On peut y lire des propos (principalement tenus pas un certain Marchenoir - je sais pas pour vous, mais un pseudo pareil me file des frissons) sans nuances, d’hommes et de femmes nous mettant en garde contre l’islamisation programmée de la société. On y décrit des hordes de barbus sanguinaires prêts à égorger nos enfants, violer nos femmes et répandre sur tout le continent des kilotonnes de viande hallal. Bêtement, j’ai participé à cette discussion, laissant lentement glisser celle-ci vers tout ce qui n’était pas essentiel (la religion et son sens, principalement). Ce faisant, j’ai bêtement légitimé ce type d’idéologies. Je l'ai respecté en tant qu'idée raisonnable. Or, en réalité, sur ce thème, aucune discussion ne doit être possible, aucun débat ne peut être tenu.
L’islamophobie (et en général, toute stigmatisation péjorative et globalisante de toute une catégorie de population) est une gangrène ignoble qui va nous dévorer tout cru, tout comme l’a fait l’antisémitisme en son temps. Discuter sur ce terrain est déjà un compromis. Même en terme aimable et "courtois". En son temps, je suis certain que l’on trouvait nombre de théoriciens, capables d’argumenter des heures sur le fléau juif, de multiplier les exemples d’une prétendue domination, d’un vaste complot visant à nous priver de notre souveraineté et de notre droit à affirmer nos différences.
Ces mêmes théoriciens pourraient également, j’en suis certain, nous expliquer longuement le bien fondé de la nouvelle politique française d’immigration. Entre contingences nationales et absconse géopolitique. Il suffit d’écouter un peu plus bas les propos d’un ministre de la République, Me Morano et l’acolyte qui suit sa trace pour en être convaincu.
Le sarkozysme triomphant a fait taire énormément de voix dans ce pays. Avec la mort du Lepenisme, avec l’émergence d’un terrorisme mieux organisé et davantage répandu sur la planète, c’est l’anti-racisme qui est devenu inaudible. Inaudible face aux pseudo-contingences héritées de la mondialisation.
Devant ce constat, notre vigilance doit redoubler, notre engagement ne peut se satisfaire de bonnes excuses (comme celle qui a été la mienne pour ne pas me rendre à la manifestation de samedi après-midi, à quelques pieds de chez moi, Place d’Italie)… Il n’est pas question de remettre en cause nos principes démocratiques, mais si nous jugeons les intégristes indignes de la démocratie, pourquoi les islamophobes ou les tenants de l’immigration zéro le seraient davantage ?
Entre temps, des tombes musulmanes ont été profanées à Arras. La haine, quoi qu'on en dise, argumentée ou non, drapée de courtoisie ou non, progresse inexorablement. Les hommes de bonne volonté sont au milieu ; qu'attendent-ils ?