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Denis Olivennes, patron tout puissant de la FNAC, a réussi son pari. Désormais, le net sera scruté à la loupe pour lutter contre le téléchargement sauvage et tout contrevenant pourra se voir privé de connexion internet pendant des durées variables, en fonction de l’épaisseur de son larcin.
En pratique cette loi est idiote et mal fichue. D’une part, en privant un foyer de connexion internet, via le dégroupage vous pouvez également le priver de téléphone et également de télé. C’est la triple peine en somme. D’autre part, pour un contrevenant, vous punissez toute une famille. Et on ne parle pas du système Wifi, qui peut permettre à un type au café de télécharger sur votre dos. Remarquez, on est pas à une usine à gaz près. A cet effet, on promet de juger avec discernement et de faire la part des choses. Une loi qui met en place une surveillance, puis une analyse détaillée de la surveillance, c’est un peu comme si un flic interpellait un voyou en flagrant délit de fauche et passait chez l’ophtalmo pour qu’il vérifie la qualité de sa vue. Mais là n’est pas le plus grave.
Non, le plus grave, c’est bien l’état de l’industrie culturelle française, ses réseaux, ses moyens de promotion et son réseau de distribution.
Concrètement, que reproche-t-on à l’internaute qui télécharge illégalement la musique sur internet ? De tout ce qui rend le marché malade. Principalement, on lui reproche les trous constatés dans certaines caisses. Celles des maisons de disque qui ne vendent plus assez de galettes. Celles des artistes qui ne touchent pas assez de droits. Et bien entendu celles des distributeurs qui font moins de bénéfice.
Or, qu’en est-il exactement ? Les études indépendantes réalisées auprès des internautes révèlent que les « downloaders » sont en réalité ceux qui consomment et consacrent le plus de budget à la culture. Ils sont ceux qui achètent le plus de disques, ceux qui vont le plus fréquemment aux concerts, ceux qui vont le plus au cinéma, ceux qui lisent le plus. S’ils téléchargent, c’est par boulimie. Ils voudraient tout écouter, tout découvrir, sans cesse, trouver de nouvelles sources d’émerveillement. Mais les moyens individuels s’accordent mal. Le marché observe toujours la même règle mathématique. Les riches peuvent satisfaire leurs fantasmes, les pauvres sont forcés de ronger leur frein.
Ces mêmes études démontrent que si ceux qui téléchargent le plus sont également ceux qui consomment le plus, c’est parce qu’ils connaissent le marché comme leurs poches et refusent d’être les dindons de la farce. Leurs achats sont en partie militants. Ils téléchargent les disques vedette et achètent les œuvres d’artistes moins en vue.
Ils refusent également de jouer le jeu des distributeurs qui manient l’art de la vente en prenant soin de prendre le consommateur pour un imbécile. Un disque paraît par exemple au mois de janvier. Il coûte 18 euros, six mois plus tard, bénéficiant d’une bienheureuse promotion, il n’en coûte plus que 10 ! Allez comprendre ! Les primo-consommateurs sont des vaches à lait, les plus patients sont des opportunistes.
Mais ce n’est pas là le seul vice que l’on peut imputer au marché. On conçoit une loi, imaginée par le patron du plus gros distributeur pour soutenir l’enseigne en question alors que personne n’a jamais bougé le petit doigt quand, avec le temps et dans l’indifférence générale, elle a tué la quasi totalité des disquaires indépendants de France.
On conçoit une loi, pour soutenir les artistes alors que dans le même temps, on se rend compte que le circuit de promotion est entièrement verrouillée par les télés et la grande majorité des radios qui passent en boucle, les mêmes musiciens, les mêmes morceaux des mêmes musiciens, la même clique trustant trois quart des bacs du distributeur précité. Confection, promotion et distribution marchent main dans la main en renvoyant toujours l’ascenseur au même étage. Alors même qu’on le sait, les grosses maisons de disque et les artistes les plus en vue disposent déjà d’une manne financière incroyable (mettant en lumière leurs sens aiguë de la création, leur haute conception de l’art en général) avec la vente en masse de sonneries pour portable.
On a du mal à voir dans cette loi autre chose qu’un serrement de boulons destiné à remettre tous les rouages de la mafia pseudo-culturelle dans le sens du marché, alors même que l’uniformisation de l’exception culturelle française est presque achevée.
Enfin, il serait peut-être temps de réviser un peu notre conception du droit d’auteur. On sait aujourd’hui qu’un seul titre bien vendue peut suffire à engraisser ad vitam un artiste qui ne le mérite pas (on pense à cet abruti choucrouté de Patrick Hernandez qui vit depuis les années 70 sur les droits de son abominable « Born To Be Alive » et passe à la caisse à chaque mariage, à chaque soirée disco estivale d’un camping), alors que dans le même temps, nombre de musiciens galèrent comme de pauvres colporteurs, bataillant avec producteurs, maisons de disque, patrons de salle et de festival…
Où est la justice là dedans ? Où est la culture là dedans ? Nulle part, on vous parle d’argent et on décline le plan décennal qui va vous escroquer consciencieusement à partir de 2009.


23 truc(s) extra en plus:
« industrie culturelle française » : tout est dit, rien à sauver...
Je connaissais pas, on m'invite pas aux mariages :
" Yes we were born born
Born to be alive
Born to be alive
Yes we were born born
Born to be alive
Its good to be alive X3
Its good to be alive X3
Its good to be alive"
En tout 28 born
20 alive
7 good
Un texte écrit pas Henri Guaino sans doute, on reconnaît son goût pour l'anaphore.
La fin de l'avant dernier couplet constitue une véritable critique du consumérisme.
"I never wanted all those things
People need to justify
Their life life life"
M. Dorham, de grâce, ne vous en prenez pas aux autistes.
Ca va commencer par le téléchargement et ça continuera pas quoi dis ? Ces gens me fatiguent !
Je signe. Il n'y a rien a ajouter à cet article (sauf peut être les sources en ce qui concerne les études).
Ce billet devrait être une référence.
Bravo, excellent article, on ne peut faire mieux !Je pense que même s'ils arrivent à verrouiller leur système, ceci n'empêchera pas les gens de bouder les achats de CD.
Je télécharge beaucoup de musique, c'est ainsi que je découvre de supers groupes qui ont souvent bien plus de talents que la Starac et le jonnhy ke coucou réunis, je préfère acheter des CD pour soutenir des groupes, tiens, je suis sympa aujourd'hui, écoute ici, ce groupe BETIS, ils cartonnent ici sur Toulouse, et la Majorcompagny les refuse car pas "in" ou "mode", je t'en foutrais moi !
http://www.myspace.com/frankyandbetis
Très intéressant !
L'état soutiendrait les gros au détriment des petits ? Je ne puis le croire. C'est comme si on disait que l'agriculture intensive était mieux subventionnée que le bio.
Didier,
au contraire, tout est à refaire...
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Monsieur Gonzalez,
Vous êtes un spécialiste de la question. Patrick fait l'innocent, mais nous l'aurons...
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Sylvie,
on se demande, hein ? Oui, ils me fatiguent aussi...
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Merci Benji,
j'ai ajouté un lien sur une étude du gouvernement canadien, faut juste être anglophone, mais il y a eu d'autres études similaires, toutes ignorées...
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m.,
pour ma part, j'ai une très imposante collectin de disques, vinyls et cd. Finalement, je télécharge beaucoup mais ne grave presque rien. J'écoute et je détruit, et j'achète si ça vaut le jus...comme Cohen plus bas et Hamasyan (entre autres...)...
Il faut désenclaver le système et tout ira mieux. Tu as raison de dire que la punition n'augmentera pas les ventes de disques; Le système, les gens l'ont compris depuis belle lurette. Le support cd est moche, d'une qualité sonore discutable et cher...
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Marie-Georges,
serions nous naïfs :)
Nicolas avait raison, ce billet est excellent.
J'aurais aimé pouvoir l'écrire :-)
bravo !
A croire, Dorham, à croire...
(J'ai répondu à ton tag en commettant un texte.)
Billet référence !!
Comme tu le dis, les téléchargeurs cherchent la culture, vont au concert, au cinéma... ils ne piratent pas la télé ; c'est la télé qui se pirate elle-même en ne proposant pas des programmes qui les satisfassent, c'est la radio qui ne change jamais de musique, c'est le disquaire qui abuse sur le prix... A noter que les supports de mémoire (CD, DVD vierge) ont déjà subi sous Sarko une taxation supplémentaire, destinée au maintien des droits des artistes et censée enrayer le "piratage"...
Ben moi j'ai rendu ma carte fnac, je ne vais plus chez eux et j'ai désinstallé mon logiciel de téléchargement vu que depuis quelque temps il ne me chargeait que des trucs abîmés, cryptés.....
Ca m'écœure voilà tout, j'ai toujours consommé de la culture c'etait juste un plus.
Grazie
Pour moi, il s'agit d'un changement de culture. Comme le disait Prince dans les années 90, tout visionnaire qu'il est : "des disques ? Quels disques ? Moi, ma musique, je la joue sur scène, je suis musicien. Vendre des disques ca ne concerne que les maisons de disques !".
En clair, il faudrait parvenir a ce que les mp3 soient considérés comme du matériel de promo pour les musiciens à aller voir sur scène et rien d'autre.
Après tout, ce ne sont pas les musiciens qui ont inventer la galette en question !
[On peut aussi décrier le peu de clarté du fonctionnement de la Sacem et ses frais de fonctionnement !].
:-))
inventé !
Didier b,
merci.
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Marie Georges,
miam...
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Gael,
oui hein !
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Homer, merci,
les downloaders ont aussi proposé une taxe sur la connexion internet. Ce qui garantissait la manne financière. Ici, ça punit et ça n'arrange pas l'économie du disque...c'est idiot :)
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Grazie,
je me tâte et vais certainement faire comme toi. j'en ai marre. Les rayons sont de plus en plus pauvres et sans saveur. Et j'ai de bons disquaires pas loin de chez moi...
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Monsieur Poireau,
pas tout à fait d'accord. ça c'est le paysage musical d'antan. La culture de l'album, qui est avant tout américaine a changé la façon de faire de la musique. le studio est intéressant parce qu'il permet des choses impossibles sur scène. Prince le sait bien, lui qui a la discographie la plus impressionnante de tous.
Mais le support cd est mort. Le téléchargement est forcément l'avenir.
Mais là où je te suis totalement, c'est pour dire qu'il est important d'aller voir des concerts. D'abord, les émotions qu'on y vit sont incomparables, et la musique est meilleure quand elle vit, quand elle est "surprise"...
D'ailleurs, chic, l'été c'est la période bénie des festivals...
Dorham as tu un mail ? c'est par rapport à Nicolas et le Congrès du MRC...
Gael, je viens de t'envoyer un mail.
Sinon, nicolas a le mien, Bal aussi, et Zo aussi...
Je voudrais quand même signaler dans toute cette agitation qu'il y a des aspects positifs comme réduire au silence définitivement certains blogueurs d'ascendance noble que je ne citerai pas comme Gaël de Toutderien qui écoute DE LA MUSIQUE DE RAP DE SAUVAGE, voilà c'est dit.
Télécharger du rap illégalement, c'est bien un truc de boulet ça !
:-)
Tiens ! Il se tient dans mon annexe un débat sur ce bazar.
Tiens ! Ce billet avait du m'échapper... Je ne suis pas abonné aux commentaires...
J'ai eu un débat, chez moi, à propos de ces études indépendantes qui disent que ceux qui téléchargent illégalement sont les plus consommateurs de "machins culturels".
Le débat était surréaliste puisqu'on avait la même conclusion : le téléchargement ne concurrence pas l'achat.
Il n'empêche que je ne crois pas trop à ces études (un mec qui fait un truc illégalement ne va pas s'en vanter à un sondeur s'il ne consomme jamais de machins culturels alors qu'un type qui va toutes les semaines au ciné n'aura aucun scrupule à avouer qu'il a piraté). Par ailleurs, parmi les mecs qui piratent, il y a tous les mômes qui le font par jeu, par défi, ... comme nous, quand on était môme, on accumulait les cassettes mais on ne les écoutait jamais.
Nicolas,
Oui, j'ai lu ce débat en diagonale, le mec était un peu trop zarbe pour moi :)
personnellement, je crois en ces études (elles sont indépendantes, ça aide à être sincère) juste parce qu'étant véritablement passionné de musique, j'ai ce comportement là. J'ai un achat militant. Et je connais pas mal de gens qui fonctionnent de la même manière.
Et d'ailleurs, depuis qu'il y a des plateformes comme deezer, je n'ai même plus besoin de télécharger, j'écoute les nouveaux trucs et si j'aime, j'achète...
Les gens n'attendaient que ça...
Le problème, c'est l'accès à la culture en fait...
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