dimanche 20 juillet 2008

Ecorcher des anges


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Dimanche. Les bonnes traditions sont celles qui ne se perdent pas et nous opérons une petite césure dans le cadre de la série qui nous occupe en ce moment (Dorham parle de lui à la 1ère du pluriel ; devient totalement démago ce type !).

La vidéo qui figure ci-dessous est extraite d'un événement particulièrement manqué de l'Histoire du rock ; le Rock n'roll Circus. Manqué, dis-tu ? La grande plantade tu veux dire !

Un projet initié par les Stones pour réunir le Grand Swingin' London de l'époque, avec des groupes et des personnalités aussi divers que les Who, Hendrix, Lennon. Des grands joueurs, dit-on, ne font pas une grande équipe. L'assemblage hétéroclite fait dans le feu d'artifice foireux, le bouquet d'explosions de pétards mouillés.

En vrac, ça nous donne :

Un opéra-rock ou si l’on préfère un opéra chiant des Who. Une collaboration complètement bidon entre Richards, Hendrix, Lennon et Clapton. Quelques pauvres chansons de ce groupe heureusement sombré dans l’oubli ; Jethro Tull ! Bref, une sauce avec plein d’ingrédients savants pour vous pourrir un plat trop chargé.

Tu ne fais pas jouer ces braillards de Who – persuadés d’avoir une mission particulière au point de nous savater le neurone à coups d’intrigues complètement débiles (le joueur de flipper autiste, personnage principal de l’autre Opéra-rock Tommy ; Tommy Can you Hear Me ? Tu plaisantes, non ?) – avec un groupe comme les Stones, qui n'a pour seul objectif que d’aligner les riffs comme cinq gars évadés de cabane.

Plus jeune, les Stones m’ennuyaient. Leurs mélodies simples, leurs riffs entêtants, leurs gimmicks ressassés me laissaient froid. Je leur préférais de meilleurs musiciens, des mecs plus aériens, Led Zep par exemple. Mais c’est l’adolescence ça, tu veux tirer des coups avec tout le monde mais tu ne comprends rien à la chose. Quand t’y vois enfin clair, les Stones t’éclatent également au visage. Ce qui t’explose en pleine tête, c’est la conscience qu’il n’y a pas dans toute l’histoire du rock, de groupe plus vénéneux, plus sale, plus érotique, plus abouti, plus chien et chienne, rien de plus vicieux. Aucun équivalent aussi salace !

Ça paraît compliqué comme affirmation. Vous allez me dire que nous avons là une petite bande de vieillards milliardaires qui se dandinent en se tenant les hanches. Oui. Bien sur, aujourd’hui, c’est le cas. Mais à l’époque du Rock n’roll Circus ? A l'époque de ces chants souillés, qui écorchent des voix d’ange, ces hurlements de vestales défroquées, cette course vers la folie qui accompagnent la mélodie simple de « You Can’t Always get what you want »... Là ou tout n’est qu’espoir, Jagger décline une philosophie de gagne-petit sur une partition de démon en rut. Vous voyez un équivalent à ça ! Quand tous ces niais se peinturluraient les nénés et paraient leurs chevelures de fleurs multicolores en gobant des pilules d’acide comme des hosties ?

J'ai mis très longtemps à comprendre et aujourd'hui, j'aime ça comme rien d'autre. 30 ans pour comprendre les stones, vous allez dire que je suis un lent...héhé, plus c'est long, plus c'est bon, dit-on !