vendredi 23 septembre 2011

Faux-semblants


# 1

La pauvreté n'est pas une excuse... En plus, elle n'existe presque plus la pauvreté, à quoi ça sert d'en parler, alors ? Dans notre pays tout va très bien. L'Ecole publique est ouverte à tous, l'égalité des chances est là, prête à servir.

Toujours à revendiquer, ces cons de pauvres qui ne sont même pas vraiment pauvres. La pauvreté serait là, terrible, oppresserait les populations ? On n'y croit rien, faut pas nous la faire à nous, on le connait le système d'aides sociales, cette grande manufacture à surproduire de l'assisté à la chaine ! Ce qui importe, c'est bien sûr de s'assurer que tout le monde adhère aux valeuuuuurs de la Répuuuublique et le pays se relèvera de lui-même, comme Lazare. Salut au drapeau, obligation de porter la main sur son coeur pendant l'hymne. Un charter pour les indésirables. Et puis, coco, en ce moment, c'est quand même la Coupe du Monde de Rugby. Aaaaah, ce beau sport qu'est le rugby, ça nous change de ces grands conards du foot. Voilà un sport qui a de belles valeurs, le rugby, un peu comme la France, un peu comme la République, d'ailleurs, tiens, c'est que le rugby doit être républicain, intrinsèquement républicain, ils en parlaient aux aurores sur Europe numéro 1 ce matin, les hommes politiques ne parlent plus que de ça, le rugby les obsède, le rugby les possède, deux ministres français et néozélandais commençaient hier leur entretien par évoquer pendant un quart d'heure le prochain match entre le quinze tricolore et les All Blacks ; c'est dire si les problèmes du monde ne sont pas sérieux !

Si nous vivions une crise mondiale, ça se saurait !

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# 2

Il était 6h50 ce matin. Je sirotais un café à la fenêtre. Le soleil n'était pas encore véritablement levé, il balbutiait en quelque sorte. I like the Sunrise en résonance, ce genre de choses. La rue était déserte et calme. J'avais pris place sur une des petites chaises des filles et j'étais en contemplation tandis qu'une cigarette se consumait lentement dans le cendrier.

Je vis alors un homme sortir de la caserne des pompiers. Il campa devant la porte et se mit à faire de grands gestes en direction d'hommes invisibles. Deux autres pompiers en tenue arrivèrent quelques instants plus tard en courant. Ils portaient tous deux de grands sacs poubelles vides. Ils entrèrent aussitôt, encouragé par l'homme qui les attendait puis disparurent. La porte se referma derrière eux dans un grand bruit de tôle. Je finis mon café en souriant jaune. J'écrasai ma cigarette avec nervosité. Je me sentis dans la peau de James Stewart dans Fenêtre sur cour. A la différence que ma jambe n'était pas prisonnière d'un plâtre et qu'une voix intérieure crut bon de me tirer de ma rêverie en prononçant ces mots simples : "tu vas être en retard au boulot".

Chienne de vie n'est-ce pas ?

27 truc(s) extra en plus:

  1. (..)ce beau sport qu'est le rugby, ça nous change de ces grands conards du foot. Voilà un sport qui a de belles valeurs, le rugby(..)

    C'est pas faux ce que vous dites là.

    Par exemple vous ne verrez pas les spectateurs d'un match de rugby pousser des cris de singe ou jeter des peaux de bananes sur la pelouse quand un joueur noir touche la balle.

    De même que vous aurez du mal à trouver l'équivalent du Heysel à l'occasion d'un match de rugby.

    Doit y avoir un truc dans la composition du public...

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  2. Malavita,

    Moins de hooligans au rugby ? Sans aucun doute. Ils sont sur le terrain, c'est peut-être ça, non ?

    Je crois que ça tient surtout au fait que le football a dépassé le cadre du simple sport. Du jeu en tant que tel. C'est déplorable mais c'est vrai.

    Il reste que le rugby m'ennuie profondément. On pourrait contester son exemple sur plein de points, du reste, notamment celui qui traite de la professionnalisation, mais bon... On comprend bien pourquoi ce sport est devenu un enjeu politique, un vecteur de symboles rachetés à très peu de frais, ce qui, à ce train là, laisse préjuger de son triste avenir.

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  3. Au rugby les hooligans sont sur le terrain, certes, mais eux au moins ne simulent pas , les blessures sont réelles.

    Pour la professionnalisation/récupération, vous avez sûrement raison.

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  4. La simulation me semble gagner du terrain au rugby, et la triche a en tout cas en a toujours été un des éléments essentiels. Raclage de crampons, fourchettes, morsures d'oreilles, écrasage de boules...etc...

    Pour le reste, ça se voit que vous ne vous êtes jamais fait une entorse, une déchirure ou une rupture des ligaments croisés du genou. Certains joueurs de foot, je pense à Henry, mettent presque une heure à se mettre debout parce qu'ils ont des rotules pourries.

    A la vérité, je pense que le seul sport collectif où ça cartonne vraiment honnêtement, c'est le hand-ball.

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  5. Je dois préciser que j'avais mis des balises "mauvaise foi" autour de ma première phrase (avec < et >) mais qu'elles n'ont pas été éditées.

    Je vous prie donc de m'excuser si cette phrase a l'air très conne.

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  6. Je veux dire par là que j'avais compris sans les balises...

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  7. D'où l'expression "con comme une balise (sans poignée)"!

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  8. Il n’y a pas de Dieu au rugby, pas de fortune qui fait entrer la balle dans une cage, puisque les dieux sont là, sur le stade. Rien à voir avec ce Dieu féroce, jaloux, fatigant, irrationnel, des monothéistes : non, ici ce sont les dieux de l’Olympe, ils sont plusieurs. Ils nous ressemblent, on se reconnaît : il y a le trapu qui pousse fort, le hargneux qui marche sur l’autre, le petit qui court vite, le calme qui regarde en lui-même avant de tirer, le stratège qui voit la bonne combinaison, le rusé qui extrait la balle en regardant autour de lui comme un chat qui chasse les taupes… Il y en a pour tous les talents, toutes les forces, toutes les erreurs, toutes les balourdises… Malgré l’uniformisation croissante des gabarits, ce n’est pas un sport identitaire, d’identification, ce n’est pas un sport fusionnel. Sans doute est-ce une des raisons pour lesquelles il a la faveur des femmes : le côté « troupeau d’hommes » tous pareils pas très loin du bruit de bottes y est très peu présent. On ne se sent pas exclu.

    C'est sur le blog de Catherine Kintzler, Mezetulle

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  9. J'ai tout lu, mais c'était long pour moi, car je suis vraiment rétif à ce sport, que je trouve absolument laid.

    Ce qui est dit sur la diversité et sur la possibilité de s'identifier est vrai. Indubitablement vrai. Ce qui est amusant, c'est que le rugby est joué par des ploucs, aimé des bourgois et très analysé par les intellos. Finalement, en effet, l'identification doit nécessairement jouer un rôle.

    Comment dire ? J'aime la civilisation du roman et je constate simplement qu'il n'y a pas de destin dans le rugby, il y a en effet des gens comme vous et moi. Le rugby, c'est la télé-réalité du sport en somme (grosse provocation). Par sa constitution stratégique, technique, ce sport ne laissera jamais la place aux génies et aux vrais improvisateurs. Il n'y aura jamais de Cruyff, de Best, de Socrates, de Maradona dans le rugby. Ce sont ces joueurs d'exception que j'aime. Comme j'aimais les boxeurs adolescent. Le génie et le destin des génies.

    J'écris cela tout en sachant bien que le vrai football est sans doute mort avec la coupe du Monde 90 en Italie.

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  10. "Le rugby est joué par des ploucs, aimé des bourgeois et très analysé par les intellos."

    Eh bien, voilà le rugby habillé pour l'automne !

    (je n'ai aucun avis sur la question, aucun)

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  11. Heureusement en fin de compte...

    (en fait, Balmeyer a piraté mon compte, c'est lui qui écrit toutes ces saloperies)

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  12. Pauvre Balmeyer. On voyait, à certains signes qui ne trompent pas, qu'il n'allait pas très bien ces temps derniers.
    Tapez "Balmeyer" dans Google, et vous obtenez, en vrac:
    Nous sommes les Spams dans la boîte aux lettres de l'existence.

    Ce qui est marquant est que je m'en souvienne bien nettement. ...

    Seul Balmeyer pouvait affronter Victor Hugo dans une usine à blogs.

    Au loin, dans la mer, le Claude François des barracudas chante : "J'ai plus d'appétit que Balmeyer."

    balmeyer a dit… Ce message a été supprimé par l'auteur.

    balmeyer a dit… ... Balmeyer qui êtes vous monsieur ? ...


    Nous lui conservons néanmoins toute notre affection, et s'il veut en parler...

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  13. Vous avez oublié ça, qui est très louche :

    "Balmeyer : j'ai joué du saxo pendant plusieurs années, à l'école de musique de
    Villeurbanne."

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  14. Je ne voulais pas l'accabler, MOI!

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  15. Je sais mais il ne vous a pas fait les crasses qu'il m'a faites.

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  16. Je le prouverai quand j'aurai lu le billet...

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  17. Un commentaire "bon anniversaire" ferait l'affaire pourtant...

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  18. Ce qui est amusant, c'est que le rugby est joué par des ploucs collectivistes ; le rugby c'est le kolkhoze.

    (Laurence Parisot)

    Par sa constitution stratégique, technique, ce sport ne laissera jamais la place aux génies et aux vrais improvisateurs, contrairement au foot qui permet aux individualités talentueuses de s'épanouir pleinement.

    (Milton Friedmann)

    Le communisme, c'est le rugby plus l'électricité.

    (Lénine)

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  19. Ah moi, je ne sais pas Malavita, faut demander à Balmeyer !

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  20. Tout le monde n'en que pour le rugby, faut croire. Par contre, que les pompiers en face de chez moi tuent des gens, les démembrent et emballent leurs morceaux dans des sacs plastique pour les enterrer à proximité du Parc de Choisy, tout le monde s'en fout...

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  21. J'ai rien compris à ce qu'ils faisaient les pompiers !
    Les deux qui arrivent en uniforme ils sortent d'où ??
    Et pourquoi la porte se referme sur eux ??
    J'ai l'impression d'avoir du coton dans la cervelle !

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  22. Le premier gars sort de la caserne, il reste devant la porte, il fait de grands signes à des gens que je ne vois pas dans un premier temps, qui se révèlent être deux autres pompiers surgissant à l'angle de la rue (je pense que le type qui est sorti de la caserne et campe devant la porte est un pompier lui aussi, bien que je n'en sache rien dans le fond vu qu'il était en civil); Les deux pompiers ont de grands sacs poubelle à la main. Ils rejoignent le type devant la porte de la caserne, rentrent tous les 3 dans la caserne, la porte d'entrée de la caserne se referme derrière eux...

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