mardi 27 mai 2008

Blaxploitation


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Ici et là (je vous préviens, je ne vais pas vous faire une liste de liens pour rappel, servez-vous donc un peu de votre mémoire), se sont tenus, de manière récurrente, des débats (un peu datés me semble-t-il) sur l’existence des races. J’aimerais prendre un peu de temps pour y revenir.

A chaque fois que la question resurgit, deux opinions s’affrontent. La première défend l’idée (basée sur on ne sait quoi d’ailleurs) que les races existent à l’intérieur de l’humanité. Toutes les ethnies qui composent l’humanité sont autant de races qui permettent de distinguer les hommes des autres. L’opinion contraire et corollaire qui prétend contrecarrer la première affirme que les races n’existent pas, que la communauté humaine est une, indivisible, inclasssifiable sous quelque ordre ou dogme que ce soit.

Aussitôt, lorsque deux opinions brutes se confrontent, elles ne tardent pas à exiger l’une de l’autre qu’elle apporte davantage de crédit à ses assertions. L’homme ne disposant somme toute que de peu d’outil pour mettre un peu de lumière là où tout n’est qu’ombre et brouillard, il fait toujours appel à la sacro science.

Le problème de la science, ou pour être davantage proverbial, du laboratoire, c’est que l’on peut y faire naître les hypothèses les plus folles.

Mais allons-y alors.

Une race ou espèce, pour commencer (car en parler sans rien définir est presque une idiotie), est définie par une somme de gênes communs et exclusifs à un groupe d’individus (ou d’animaux si l’on sort du nombrilisme humanoïde).

Or, les études génétiques réalisées sur l’homme démontrent que les différences visibles (essentiellement morphologiques) ou non (là, je parle par exemple de propension de certains hommes à développer des maladies inexistantes chez d’autres) ne sont que l’expression plus ou moins forte de gênes communs. Peu importe dès lors que les gênes en question soient plus ou moins développés, la notion de race n’est basée rappelons-le que sur l’expression de gênes exclusifs. Or, ici, ils sont totalement partagés par toute la communauté humaine. La langue est têtue. Aucun homme ne présente un gêne inconnu pour un autre. Il n’y a donc pas de race.

Mais on en a pas fini pour autant car lorsque l’homme en a fini avec la science, il prend son mégaphone et demande à l’idéologie de rappliquer. Grâce à elle, il pourra alors dire que si les races n’existent pas, les différences elles existent bel et bien et que les hommes, par le biais des différences (visibles ou non) peuvent être scindés en groupes, divisions et par voie de conséquence ne peuvent échapper à une classification. Ne prenons pas peur, car toujours, il s’empresse de dire que ces différences ainsi mises en lumière constituent une richesse qu’il nous faut préserver.

Oui oui, le pas est franchi, on a pissé sur la ligne jaune comme autrefois tout le long de la ligne Maginot. Préserver la richesse des différences, c’est les préserver d’une dilution dans les autres.

La question qui vient tout de suite, c’est pourquoi donc ? Si c’est par pure phobie (imaginez tout de suite une armée de métis, une nuée de cheveux bouclés, imaginez tout de go, soyons fous, déraisonnables, que l’humanité ne jouisse plus jamais du spectacle effarant d’hommes semblables à vous, vous les palots du monde entier, les mal fichus de tout le globe, les jaunes, les blancs, les noirs, les cireux et les cireuses, les verdâtres et les verdâtresses – bien sur, vous imaginez les profits exponentiels pour les coiffeurs afro et l’industrie du beurre de karité, eux s’en frotteraient les mains), c’est un peu idiot. On a pas encore inventé le canon qui viendra s’appliquer sur la tempe des hommes pour qu’ils se mélangent comme on leur a dit de le faire. Même si, pour ma part, je dois bien l’avouer, le visionnage trop répété du film « Foxy Brown » a provoqué chez moi des émotions noires que je n’ai pas vraiment l’intention de guérir. Si en 100 siècles, l’homme n’est toujours pas parvenu à gommer ses différences physiologiques, il n’y parviendra pas plus en un seul.

Mais alors pourquoi ? La richesse, on vous dit. Honnêtement, s’il s’agit de garder les blancs d’un coté, les noirs de l’autre, les jaunes ici, et les barriolés là, parce que ce « pantone » de couleurs, c’est joli tout de même, on dispose là de l’argument le plus futile qui soit. On ne va quand même pas construire une « politique de civilisation » sur un truc pareil !

C’est précisément à cet endroit que vient l’argument dernier. La culture. Préserver nos différences, c’est préserver nos identités, nos histoires, nos cultures. Premièrement, c’est un argument d’une bêtise qui frise la science-fiction. C’est croire que les cultures en se confrontant, s’annihilent, ne peuvent s’ajouter les unes aux autres. C’est idiot n’est-ce pas ? Lorsqu’un homme apprend plusieurs langues, elles s’ajoutent bien les unes aux autres et l’individu qui les maîtrise peut en user comme bon lui semble, en fonction, j’imagine, de la situation, requérant l’usage de telle ou telle langue ou dialecte. Il parle une langue puis l’autre, pas toutes en même temps. Aucun risque de bouillie linguistique qui l’inciterait à mélanger les syntaxes, à les détruire pour ainsi dire, qui l’obligerait (perdu qu’il serait) à commencer sa phrase en magyar, pour la poursuivre en allemand et la finir en swahili.

Et puis finalement, il est presque impossible de ne pas entendre ce qui est murmuré derrière cette appréhension. Penser que les cultures sont à préserver d’une prétendue dilution (c’est moi ou j’utilise cet adjectif beaucoup trop souvent ?), c’est nécessairement penser que l’autre culture ne peut apporter aucune richesse. Penser que cette confrontation entraînera forcément une dilution de celle qui doit être défendue, c’est nécessairement penser que la culture qui nous est étrangère est inférieure ou sournoise, par nature, propre à souiller ou tout du moins à dénaturer celle qui nous est chère. Allez, je ne dis même pas comment il faut qualifier une telle opinion (car enfin, ce n’est pas une pensée, ce n’est qu’imagination pleine de peurs, d’angoisses et de narcissisme).

A l’inverse, si l’on croit que ce qui définit le mieux l’homme n’est pas ce qu’il fait mais ce qu’il est, c’est à dire, un être doué de pensée et de sentiments (unique chose animée à en être pourvue sur cette fichue planète), que la pensée précisément, n’est pas un gêne, mais une substance indéfinissable échappant à toute localisation, alors, toutes les questions, avis, angoisses, opinions compilées ci-dessus n’ont aucune espèce d’importance.

Pour finir, je serais tenté de paraphraser, Panjit Gehumnesh, un très lointain cousin du Mahatma Gandhi : « faites pas chier l’humanité, elle vous le rendra ».

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